Invité de l'émission « L'Entretien » de Dakaractu, Olivier Boucal, ancien ministre de la Fonction publique et de la Réforme du service public et membre du Mouvement National des Cadres Patriotes (MONCAP), est revenu sur le rejet du projet de loi de finances rectificative (LFR) par le groupe parlementaire Pastef, sur la fracture entre Ousmane Sonko et le président Bassirou Diomaye Faye et sur les élections à venir.
S’exprimant sur la décision du groupe majoritaire à l'Assemblée nationale, l'ancien ministre y voit l'exercice plein des prérogatives des députés. « Quand on rejette, on endosse la responsabilité du rejet ; quand on valide, on est tout aussi responsable », a-t-il déclaré, tout en estimant qu'il s'agit d'une première dans l'histoire des législatures du Sénégal depuis l'indépendance. Il a justifié ce choix par la situation des finances publiques, citant un taux d'endettement de 119 % du PIB, porté à 132 % en dette consolidée selon un rapport de la Cour des comptes, contre un plafond de 70 % fixé par les critères de convergence de l'UEMOA. Il a ajouté que le service de la dette absorberait près de 70 % des recettes de l'État. M. Boucal a également mis en cause l'augmentation du budget de la Présidence, qu'il chiffre à 37 milliards de francs CFA, et jugé que le budget présenté n'était pas sincère. Il a rappelé que le gouvernement dont il faisait partie avait réduit le train de vie de l'État et ramené le prix du sac de riz de 22 000 à 15 000 francs.
Sur l'issue de la crise, Olivier Boucal affirme que Pastef n'a « jamais rejeté pour rejeter » et que la main tendue par le président de l'Assemblée nationale reste d'actualité si le gouvernement engage sa responsabilité. Il n'exclut toutefois pas une motion de censure. « Ils tiennent le pouvoir exécutif, mais aujourd'hui Pastef tient le pouvoir législatif », a-t-il lancé, évoquant des précédents en France, où un budget a été rejeté, et aux États-Unis, où le parti au pouvoir a perdu le Congrès.
Concernant la rupture entre Ousmane Sonko, président de l'Assemblée nationale, et le chef de l'État, l'ancien ministre dénonce une « trahison » et une dualité qu'il juge néfaste pour le pays. Selon lui, le président Faye n'a jamais été le candidat naturel de Pastef et n'a été désigné que « pour une transition », ce que l'intéressé aurait lui-même reconnu. Il attribue la création d'un nouveau parti à « l'ambition du pouvoir » et soutient que le chef de l'État aurait dû d'abord démissionner pour organiser de nouvelles élections. « Les Patriotes n'ont pas voté pour Diomaye ; ils ont voté pour lui parce qu'Ousmane Sonko leur a demandé de le faire », a-t-il affirmé. Il minimise le départ de certains anciens membres du gouvernement vers KIIRAAY, évoquant de l'« enfantillage » et assurant que 99 % des militants restent au Pastef, sans démission dans son département.
Pour les élections locales, dont la date n'est pas encore fixée alors que le mandat des maires s'achève le 31 janvier, Olivier Boucal prédit un revers à ses adversaires : « Il ne gagnera même pas une commune », a-t-il dit, dénonçant une mobilisation de forces de sécurité lors d'un déplacement dans le sud. Il cite la vente des cartes du parti comme preuve de sa popularité.
Revenant enfin sur son passage au ministère de la Fonction publique, il a rappelé que l'audit des effectifs, lancé à la demande du Premier ministre d'alors, visait à débusquer emplois fictifs, doublons et doubles salaires. Les premiers résultats étaient attendus en août, avant une phase de réclamations et des conclusions prévues d'ici la fin de l'année. Il a regretté l'absence de gestion digitalisée du personnel de l'État, qui empêche, selon lui, de connaître avec fiabilité le nombre de fonctionnaires...
S’exprimant sur la décision du groupe majoritaire à l'Assemblée nationale, l'ancien ministre y voit l'exercice plein des prérogatives des députés. « Quand on rejette, on endosse la responsabilité du rejet ; quand on valide, on est tout aussi responsable », a-t-il déclaré, tout en estimant qu'il s'agit d'une première dans l'histoire des législatures du Sénégal depuis l'indépendance. Il a justifié ce choix par la situation des finances publiques, citant un taux d'endettement de 119 % du PIB, porté à 132 % en dette consolidée selon un rapport de la Cour des comptes, contre un plafond de 70 % fixé par les critères de convergence de l'UEMOA. Il a ajouté que le service de la dette absorberait près de 70 % des recettes de l'État. M. Boucal a également mis en cause l'augmentation du budget de la Présidence, qu'il chiffre à 37 milliards de francs CFA, et jugé que le budget présenté n'était pas sincère. Il a rappelé que le gouvernement dont il faisait partie avait réduit le train de vie de l'État et ramené le prix du sac de riz de 22 000 à 15 000 francs.
Sur l'issue de la crise, Olivier Boucal affirme que Pastef n'a « jamais rejeté pour rejeter » et que la main tendue par le président de l'Assemblée nationale reste d'actualité si le gouvernement engage sa responsabilité. Il n'exclut toutefois pas une motion de censure. « Ils tiennent le pouvoir exécutif, mais aujourd'hui Pastef tient le pouvoir législatif », a-t-il lancé, évoquant des précédents en France, où un budget a été rejeté, et aux États-Unis, où le parti au pouvoir a perdu le Congrès.
Concernant la rupture entre Ousmane Sonko, président de l'Assemblée nationale, et le chef de l'État, l'ancien ministre dénonce une « trahison » et une dualité qu'il juge néfaste pour le pays. Selon lui, le président Faye n'a jamais été le candidat naturel de Pastef et n'a été désigné que « pour une transition », ce que l'intéressé aurait lui-même reconnu. Il attribue la création d'un nouveau parti à « l'ambition du pouvoir » et soutient que le chef de l'État aurait dû d'abord démissionner pour organiser de nouvelles élections. « Les Patriotes n'ont pas voté pour Diomaye ; ils ont voté pour lui parce qu'Ousmane Sonko leur a demandé de le faire », a-t-il affirmé. Il minimise le départ de certains anciens membres du gouvernement vers KIIRAAY, évoquant de l'« enfantillage » et assurant que 99 % des militants restent au Pastef, sans démission dans son département.
Pour les élections locales, dont la date n'est pas encore fixée alors que le mandat des maires s'achève le 31 janvier, Olivier Boucal prédit un revers à ses adversaires : « Il ne gagnera même pas une commune », a-t-il dit, dénonçant une mobilisation de forces de sécurité lors d'un déplacement dans le sud. Il cite la vente des cartes du parti comme preuve de sa popularité.
Revenant enfin sur son passage au ministère de la Fonction publique, il a rappelé que l'audit des effectifs, lancé à la demande du Premier ministre d'alors, visait à débusquer emplois fictifs, doublons et doubles salaires. Les premiers résultats étaient attendus en août, avant une phase de réclamations et des conclusions prévues d'ici la fin de l'année. Il a regretté l'absence de gestion digitalisée du personnel de l'État, qui empêche, selon lui, de connaître avec fiabilité le nombre de fonctionnaires...