L’ancien président de la République du Sénégal, Macky Sall, a franchi une nouvelle étape dans sa quête du poste de Secrétaire général des Nations Unies en lançant son site de campagne, sur lequel il expose en détail ses priorités pour une refondation de l’institution multilatérale.
Sa candidature officielle a été transmise au siège de l’ONU à New York le 2 mars 2026 par le président burundais Évariste Ndayishimiye, président en exercice de l’Union africaine. Une démarche atypique, puisque c’est le Burundi, et non le Sénégal, qui a porté cette candidature. Le pays natal de l’ancien chef d’État n’ayant pas apporté son soutien officiel à la démarche.
Un programme articulé autour de trois piliers
Sur son site et dans le document programmatique intitulé Refonder le multilatéralisme pour un monde meilleur, déposé auprès de l’ONU, Macky Sall s’ouvre sur un constat sévère : conflits persistants, menaces transnationales, crise de la dette et défiance croissante envers les institutions internationales. Pour lui, la crise actuelle est « systémique » et met en péril l’efficacité et la crédibilité de l’organisation.
Sa vision repose sur trois axes structurants. Le premier consiste à forger une approche intégrée entre paix, sécurité et développement. Le deuxième vise à revitaliser le multilatéralisme dans un monde multipolaire, avec une réforme du Conseil de sécurité pour en renforcer la représentativité et la légitimité, ainsi qu’une redynamisation de l’Assemblée générale. Le troisième pilier porte sur la gouvernance interne : rationalisation des structures, simplification des mandats, optimisation des ressources et modernisation des méthodes de travail.
L’ex-chef d’État affirme vouloir faire de l’ONU une plateforme stratégique revitalisée, ancrée dans ses missions originelles, capable de reconstruire la confiance entre les États membres, de prévenir les crises et de protéger les populations vulnérables.
Né le 11 décembre 1961 à Fatick, ingénieur géologue de formation, Macky Sall a présidé le Sénégal de 2012 à 2024. Il a également occupé la présidence tournante de l’Union africaine et a été l’un des artisans du dialogue entre l’Afrique et les institutions de Bretton Woods. Durant sa présidence de l’UA en 2022, il avait notamment plaidé pour un meilleur accès des pays africains aux droits de tirage spéciaux du FMI et pour une représentation permanente de l’Afrique au Conseil de sécurité.