ON TUE NOS FEMMES !


12 Mars 2009 Fama Niane

retrouvée sur la plage de la Corniche ouest, découpée en morceaux mis dans six (6) sachets que son assassin a jetés sur lesdits lieux vers 5 heures du matin. Jusqu'à présent l'enquête tourne en rond.

Une enquête minutieuse avait permis aux policiers enquêteurs de se rendre compte que le corps de FamaNiane a été morcelé en pleine nuit dans la chambre de fortune de Alioune Kandé, sise à la gare routière Petersen de Dakar. 

10 Décembre 2014: Bigué Pouye

retrouvée nue, mains et pieds ligotés, le visage en sang, les dents arrachées, violée  et tuée. 

Saliou Gano, son meurtrier, nous avait dit : "Je l'ai suivie et en cours de route, je l'ai contrainte à changer d'itinéraire. Mon intention était de l'entraîner dans un endroit isolé pour abuser d'elle. Je suis parvenu à la convaincre de m'accompagner jusqu'à la falaise, à la sortie de la ville. Là, loin des regards indiscrets, je lui ai avoué mon intention de satisfaire ma libido. Face à son refus catégorique, je me suis acharné sur elle pour la contraindre à céder."

Bigué a été violentée, solidement ligotée, baîllonnée, violée et tuée.

Elle a été assassinée par un homme hébergé et nourri par son propre père.

Bigué n’avait que 14 ans.

6 Mai 2019 : Ndèye Sy

Jeune caissière dans une entreprise à Saly, elle a été violentée puis violée par un homme accompagné d’un vendeur de parfum.

Un homme a fait irruption dans son lieu de travail et sans crier gare, l’a bâillonnée après l’avoir solidement ligotée aidé du vendeur de parfum.

Son bourreau a introduit une bougie dans son vagin et l’a ensuite violée. Après son forfait, le jeune homme a abandonné la victime qui se débattait pour se libérer. 

 

 

 

12 Mai 2019 : Coumba Yade

retrouvée morte au quartier de Hersent, dans la commune de Thiès-Est, dans la chambre de son violeur, Mamadou Saliou Baldé

L’adolescente a été violée puis tuée à coups de couteau par un homme bien connu de sa famille car étant locataire à quelques pâtées de maisons de sa victime.

Coumba est décédée des suites d’un traumatisme du rachis cervical avec fracture. Le présumé meurtrier aurait fracassé le crâne de sa victime avant d’abuser d’elle sexuellement.

Coumba n’avait que 16 ans.

18 Mai 2019 : Bineta Camara

étranglée à mort par son bourreau, un militant et proche de son père. Lhomme a essayé de la violer et la victime lui a opposé une farouche résistance au prix de sa vie. Bineta avait décidé, après son diplôme, daider sa mère dans son commerce. 

Elle est décrite dans le quartier de Sara Guilèle comme une fille pieuse, respectueuse  et travailleuse.

Bineta navait que 23 ans. 

19 Mai 2019 : Femme inconnue

Retrouvée morte et toute nue au quartier Salagne-Salagne de Ouakam, cette femme aurait été violée et assassinée par son bourreau.

 

La liste des victimes est très longue et à chaque fois on s’est indigné un temps avant de passer à autre chose. Avez vous remarqué que plus de la moitié des victimes connaissaient bien leur bourreau ? La plupart du temps, l’assassin, le violeur, n’est pas très loin du cercle familial. 

Aujourd’hui, plus de 50% des femmes vivent à côté d’un monstre qui nourrit des fantasmes à leur endroit. Il y’a pas très loin de chaque femme, un pervers qui pompe ses photos sur les réseaux sociaux et qui la nuit se trépigne de désirs en les regardant. Le tueur de Bineta Camara n’avait t’il pas mis l’image de la fille comme photo de profil de son propre whatsapp ?Quel pervers !

Aujourd’hui, bon nombre de cas d’assassinat des femmes a pour soubassement le sexe. On essaie d’abord de les violer et si elles s’y opposent, on les tue. Après on s’indigne ; on organise des sit-in et demain la Korité. On n’oublie et on reparle de mode. Voilà comment la violence devient banale dans une communauté surtout quand on refuse de donner l’exemple afin de persuader les autres. Au Sénégal, tant qu’un acte fort ne sera pas posé contre un de ses assassins de nos femmes, la série risque de ne pass’arrêter de sitôt.

Le sénégalais a un sérieux problème avec le sexe. Makhala ! On ne nous parle que de ça : Ahmed Khalifa dans « Quartier Général » de la TFM nous parlant de massage thailandais en plein Ramadan, Oumaro dans l’émission « Vous et Nous » sur la 2STV avec son sempiternelle « baaathie », Sanekh et sa troupe nous rabâchent « thiof ko » dans leur sketch ramadan…Et le comble ce sont ces émissions qui font exploser l’audimat et sont partagées partout.

Même le choix des animatrices se fait avec une perversité déconcertante. On les choisit très bellespour qu’ensuite elles se présentent à la télévision avec des tenues indécentes, tous seins dehors, une façon de nous dire : « allez petits pervers, matez-moi ! délectez vous et laissez voguez votre imagination ». Nous les déshabillons dans nos esprits et les violons chaque fois qu’elles se présentent à nous.

Les autorités doivent aujourd’hui au delà du renforcement de la sécurité de proximité dont les agents doivent être formés pour travailler en grande partie la nuit en faisant des patrouilles, introduire des modules simples d’enseignements apprentissages dans les écoles. L’installation des règles de sécurité doivent commencer dès le bas âge afin que l’enfant sache qu’on :

ne parle pas à un inconnu et on ne le suit pas même s’il nous promet des bonbons ;
ne rend pas visite à quelqu’un qui habite seul  même si c’est le petit ami ;
ne monte pas dans la voiture d’un inconnu ;
etc

Au sein des familles, on doit arrêter d’envoyer nos petites filles vers des oncles, connaissances, voisins…qui habitent seul. L’esprit de l’homme est pervers et a tendance à vagabonder dès qu’il est seul avec une fille. « baayi leene ci xel » !

Il faut aujourd’hui des mesures fortes afin de protéger ce que nous avons de meilleurs dans notre pays : les FEMMES !

 

Souleymane Ly

Spécialiste en communication

Jeudi 23 Mai 2019
Dakaractu




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