À 13 jours du débat d’orientation budgétaire, l’ONG IBP International Budget Partnership a réuni députés et représentants de l’exécutif autour d’un dialogue parlementaire consacré au financement de la nutrition. Une rencontre portée par le directeur des programmes pour l’Afrique francophone de l’organisation, Djibril Badiane, qui a plaidé pour la sécurisation et l’augmentation des crédits alloués à ce sous-secteur jugé stratégique.
Le constat est préoccupant. Selon une étude conduite par IBP en coalition avec ses partenaires de l’Afrique francophone, seulement 10 % des budgets nationaux consacrés à la santé sont effectivement alloués à la nutrition loin des standards internationaux en vigueur. Face à ce déficit structurel, l’organisation entend mobiliser la 15e législature, qu’elle décrit comme consciente de son rôle en matière de contrôle et d’évaluation des politiques publiques. Dans ce cadre, IBP a noué un partenariat stratégique avec plusieurs commissions de l’Assemblée nationale, dont celles de l’éducation, de la santé et, en priorité, la commission des finances et du contrôle budgétaire. L’objectif est d’outiller les parlementaires pour qu’ils puissent lire, analyser et exploiter les lois de finances, et peser concrètement sur les arbitrages budgétaires.
L’urgence du moment tient au calendrier. Le débat d’orientation budgétaire, prévu dans moins de deux semaines, constitue une fenêtre décisive. IBP redoute notamment que des lois de finances rectificatives ne viennent amputer les crédits destinés à la nutrition au profit d’autres priorités. « Ce que nous voulons, c’est donner aux députés les moyens de plaider en faveur de la nutrition, d’abord pour sécuriser les crédits existants, ensuite pour en augmenter le volume », a insisté Djibril Badiane.
L’enjeu dépasse alors la seule sphère budgétaire. Pour IBP, une meilleure nutrition des enfants se traduit directement en résultats scolaires, et une population en bonne santé constitue une main-d’œuvre capable de contribuer au développement économique du pays. L’organisation conduit ces travaux en partenariat avec Helen Keller International, dont l’expertise en santé et nutrition est établie au Sénégal et dans la sous-région.
Les recommandations issues de ce dialogue parlementaire seront soumises aux commissions santé et finances de l’Assemblée nationale, avec l’espoir qu’elles se traduisent en engagements budgétaires concrets dès la prochaine loi de finances.