L'opposant nigérian Peter Obi, en campagne pour l'élection présidentielle de janvier prochain, a indiqué mardi qu'il avait été empêché de se rendre auprès de familles endeuillées d'un village où des dizaines de personnes ont été tuées l'an dernier.
Le pays le plus peuplé d'Afrique se rendra aux urnes le 16 janvier, et M. Obi affrontera notamment le président sortant, Bola Tinubu.
Les élections au Nigeria sont souvent marquées par des violences, et il n'est pas rare que des hommes politiques recrutent des nervis pour intimider leurs adversaires.
La police de l'Etat de Benue (centre) a confirmé l'incident aux médias locaux, précisant que le convoi de M. Obi avait été "bloqué par des jeunes" et qu'une enquête avait été ouverte.
L'an dernier, plus de 150 personnes ont été tuées dans l'Etat de Benue à Yelwata, village à majorité chrétienne de la "Middle Belt" ("Ceinture centrale"), où les attaques sont souvent motivées par des tensions religieuses ou ethniques.
M. Obi a expliqué sur X que son "convoi (avait) été empêché de se rendre dans la localité par des voyous scandant "Peter Obi, fais demi-tour"".
"Il a été profondément pénible d'assister à une telle hostilité", a-t-il écrit, précisant que sa visite visait à témoigner son soutien, à "écouter les familles ayant perdu des proches et à leur apporter du réconfort".
Le bureau de M. Obi a indiqué dans un communiqué que le groupe lui ayant barré la route était "équipé d'armes dangereuses".
"Nous sommes en période de campagne électorale. En tant que candidat à la présidentielle, je suis libre de mes déplacements", a tenu à rappeler M. Obi. "On ne peut tolérer de tels agissements", a-t-il ajouté.