Huit soldats nigérians ont été tués samedi lorsque leur véhicule de patrouille a heurté une mine posée par des jihadistes dans l’État de Borno, au nord-est du Nigeria, près de la frontière avec le Cameroun, ont indiqué dimanche à l’AFP des sources sécuritaires.
La violence jihadiste au Nigeria, qui a éclaté en 2009, s’est atténuée depuis son pic d'il y a dix ans, mais elle est à nouveau en hausse depuis deux ans.
L’attaque s’est produite samedi, alors que le chef d'état-major de l'armée de terre nigériane, le lieutenant général Waidi Shaibu, rendait visite aux soldats stationnés à Maiduguri, la capitale régionale, quelques jours après une attaque contre une base militaire qui avait coûté la vie à 15 soldats et à cinq membres d'une milice antijihadiste.
Les soldats tués samedi inspectaient le travail des milices antijihadistes qui débroussaillaient les fourrés le long de la route à la sortie de la ville de Gamboru, lorsque leur véhicule a roulé sur une mine et a explosé, tuant les huit personnes à bord, ont indiqué ces sources.
Celles-ci ont attribué l’attaque à l'État islamique en Afrique de l'Ouest (ISWAP).
Les jihadistes utilisent les fourrés le long des routes comme couvertures pour tendre des embuscades aux soldats et aux automobilistes.
"Les huit soldats qui se trouvaient dans le véhicule ont tous été tués dans l’explosion", qui s’est produite dans le village de Kinuba, à 25 km de Gamboru, a déclaré un officier militaire de la région.
Ibrahim Liman, membre d’une milice antijihadiste apportant son aide à l’armée dans la lutte contre les jihadistes, a confirmé ce bilan.
"L’engin explosif avait été placé sur la route et déclenché à distance à l’aide d’un cordon détonant", a expliqué M. Liman.
Un membre de la milice chargé de superviser le débroussaillage a été blessé par des éclats d’obus, a-t-il précisé.
Le conflit jihadiste, qui dure depuis 17 ans, a fait des dizaines de milliers de morts et contraint environ deux millions de personnes à fuir leurs foyers dans le nord-est du pays.
Les violences se sont étendues aux pays voisins - le Niger, le Tchad et le Cameroun -, ce qui a conduit à la formation d’une coalition militaire régionale pour lutter contre les jihadistes.