Niger : L'Education, le plus grand défi du nouveau président Mohamed Bazoum.


Installé officiellement dans ses fonctions de  président de la République du Niger, Mohamed Bazoum a immédiatement défini ses priorités. 
Admettant que le Niger de par sa situation géographique n'a pas que des atouts, étant  enclavé et plus saharien que sahélien, il a souligné qu'il se trouve au cœur d'une zone affectée par l'insécurité. « Riverain au lac Tchad, il fait face à Boko Haram. Voisin de la Libye, il est affecté par le crime transnational organisé dont le sud du pays constitue une solide plateforme depuis la chute du colonel Kadhafi. Partageant 800 km de frontière avec la partie septentrionale du Mali, il est confronté aux agissements des organisations criminelles et terroristes qui écument cette zone », fait-il constater. 
Mais ce grand défi sécuritaire dont les récentes attaques terroristes dans le nord-ouest contre des populations civiles sont une illustration parfaite, n'absout pas les nouvelles autorités nigériennes de leur devoir de revoir le système éducatif. 
Selon le président nouvellement élu, c'est le défi auquel fait face le Niger. « Si je considère le défi de l'éducation comme notre plus grand défi, c'est parce que je sais que le faible taux de scolarité et le taux élevé des échecs scolaires ont pour effets de priver des contingents d'enfants et de jeunes de réelles chances d'éducation », se justifie Mohamed Bazoum.
Pour lui, cette absence d'éducation explique les mariages précoces des jeunes filles ( 77% avant 18 ans, 28% avant 15 ans) et est à l'origine de la forte prévalence de la polygamie ainsi que la faible prévalence de l'utilisation des contraceptifs. «Avec un taux de fécondité synthétique de 7 enfants par femme, nous battons le record mondial en la matière. Avec un taux de croissance démographique de 3,9%, nous sommes le pays où la population croît le plus vite au monde », ajoute le président Bazoum selon qui, cette situation met le Niger dans un « cercle vicieux ». « Plus nous faisons d'enfants, moins nous sommes capables de les éduquer. Moins, nous les éduquons, plus ils feront des enfants à leur tour, facteur dans notre contexte socio-économique de retard de développement et de croissance », a martelé le successeur de Mahamadou Issoufou.
Cependant, il reconnaît qu'en dépit de ce qu'elle constitue un grand défi pour « nos ressources budgétaires », la croissance démographique présente un avantage sur le plan économique. Elle rend disponible une population très jeune et en bonne santé.
À cet avantage, s'ajoutent les richesses minérales et énergétiques du pays qui regorge également en son sous-sol d'un grand potentiel hydrique, rappelle Mohamed Bazoum. «Le charbon, l'uranium, le pétrole, le gaz, le soleil de notre pays sont de précieuses sources d'énergie à même de nous permettre de mettre en valeur notre potentiel agricole », poursuit le nouveau chef de l'État nigérien.

Il est convaincu que son pays a un bel avenir. Mais il appartiendra aux nigériens de savoir apporter aux défis actuels les bonnes réponses. «Pour cela, nous avons besoin de faire deux choses, promouvoir la bonne gouvernance et repenser radicalement notre système éducatif dans l'optique de faire de nos actifs démographiques des dividendes économiques », indique-t-il. 
Vendredi 2 Avril 2021
Dakaractu




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