Ngaparou : Un pylône de 50 mètres à 10 mètres des maisons, les riverains sonnent l’alerte...


Un pylône de téléphonie mobile d’environ 50 mètres de hauteur serait en cours d’installation à quelques mètres seulement des habitations à Ngaparou. Face à l’accélération des travaux, des riverains dénoncent l’absence de concertation et s’interrogent sur les autorisations administratives et les éventuelles études préalables. L’affaire commence à prendre une tournure nationale avec l’intervention de Guy Marius Sagna et de Thierno Alassane Sall.
 
À Ngaparou, l’installation d’un pylône de téléphonie mobile dans une zone résidentielle suscite inquiétude, colère et interrogations chez plusieurs habitants.
 
Au cœur de la contestation : une infrastructure présentée par les riverains comme devant atteindre près de 50 mètres de hauteur, implantée à seulement une dizaine de mètres de certaines habitations.
 
« Ma maison est à 10 mètres de l’ouvrage. La maison voisine est également à environ 10 mètres. Toutes les maisons construites autour sont à moins de 30 mètres », alerte Diame Faye, habitant de Ngaparou, au micro de Dakaractu Mbour.
 
Pour ce riverain, la proximité du pylône avec les habitations constitue un véritable danger potentiel. Il affirme avoir entrepris plusieurs démarches auprès des autorités afin d’obtenir des explications sur la légalité et les conditions d’installation de l’ouvrage.
 
La DESCOS intervient… puis les travaux reprennent
 
Selon Diame Faye, après avoir saisi les services compétents de la commune, il aurait été orienté vers la DESCOS.
 
Les agents de la DESCOS seraient intervenus dans un premier temps pour faire arrêter les travaux et demander aux responsables de présenter les autorisations nécessaires.
 
Mais, affirme le riverain, deux jours plus tard, les travaux auraient repris.
 
Diame Faye dit alors avoir sollicité de nouveau la DESCOS. Selon son récit, le responsable rencontré lui aurait expliqué que l’entreprise disposait d’un contrat de location avec le propriétaire du terrain et qu'en l'absence d'un document administratif permettant une interruption des travaux sur un espace privé, la DESCOS ne pouvait pas aller plus loin.
 
Il aurait alors été invité à saisir l’autorité administrative compétente, notamment le sous-préfet.
 
Le maire dit ne pas être au courant
 
Dans cette bataille administrative, Diame Faye affirme également avoir interpellé le maire de Ngaparou.
 
« Le maire m’a dit qu’il n’était pas au courant. Il est ensuite venu sur le terrain », rapporte-t-il.
 
Mais, selon le riverain, la municipalité aurait estimé qu’elle devait s’appuyer sur les décisions de l’autorité administrative.
 
Face à ce qu’il décrit comme une course contre la montre, Diame Faye s’est finalement tourné vers le gouverneur de la région de Thiès, qui l’aurait reçu et lui aurait demandé de formaliser sa réclamation.
 
Une démarche qui aurait, dans un premier temps, entraîné l’arrêt des travaux.
 
« Les travaux étaient arrêtés vendredi… ils reprennent mardi »
 
Mais la satisfaction aura été de courte durée.
 
Selon Diame Faye, les travaux arrêtés le vendredi ont repris dès le mardi suivant.
 
Il affirme avoir de nouveau saisi le maire avant de contacter le commandant de la gendarmerie. Celui-ci lui aurait indiqué que les responsables de l'installation disposaient désormais d'autorisations.
 
Une situation qui laisse le riverain perplexe.
 
« Je n’ai pas trop compris comment, en une journée, l’entreprise a réussi à avoir toutes les autorisations », s’interroge-t-il.
 
Guy Marius Sagna sur le terrain
 
L’affaire ne s’est toutefois pas limitée aux démarches locales.
 
Guy Marius Sagna s’est rendu sur place après avoir été alerté par les riverains.
 
Selon le député, les habitants lui ont notamment fait part de l’absence alléguée de déclaration préalable de travaux ou de demande d’autorisation auprès de la mairie, ainsi que de l’absence de concertation avec les riverains.
 
Le parlementaire a annoncé que des initiatives seraient prises afin de faire la lumière sur cette affaire et de vérifier que les droits des citoyens soient respectés.
 
« La SONATEL travaille pour nous. La SONATEL doit donc prendre le temps d’informer les citoyens et de faire les choses dans les règles de l’art », a notamment déclaré Guy Marius Sagna après sa visite sur les lieux.
 
Thierno Alassane Sall interpelle également le gouvernement
 
Le dossier prend désormais une dimension parlementaire.
 
Thierno Alassane Sall affirme avoir adressé des questions écrites à différents ministres au sujet de la prolifération des pylônes de télécommunications à proximité immédiate des habitations.
 
Le député dit avoir été saisi par des citoyens de plusieurs localités du Sénégal, avec le cas de Ngaparou comme exemple particulièrement préoccupant.
 
Il évoque un « monstre de pylône » en cours d’érection dans une zone résidentielle.
 
Pour Thierno Alassane Sall, les questions posées par les riverains sont légitimes : les autorisations nécessaires ont-elles été délivrées ? Des études d’impact sécuritaire et sanitaire ont-elles été réalisées ? Les règles applicables à ce type d'installation ont-elles été respectées ?
 
Le député estime également que les citoyens sont en droit d’obtenir des réponses des autorités compétentes, notamment de l’ARTP, de la mairie de Ngaparou et du sous-préfet.
 
La balle dans le camp de Sonatel et des autorités
 
Au-delà de la polémique, une question essentielle demeure : dans quelles conditions exactes ce pylône est-il installé à proximité immédiate des habitations ?
 
Les riverains ne demandent pas nécessairement l’arrêt de toute installation de télécommunications. Ils réclament surtout, selon leurs déclarations, de la transparence, des informations et le respect des procédures.
 
Diame Faye indique avoir déposé une réclamation auprès du gouverneur et envisage désormais de porter le dossier devant l’Assemblée nationale.
 
La mobilisation pourrait donc s'élargir dans les prochains jours.
 
Car à Ngaparou, ce qui était au départ une inquiétude de voisinage est en train de devenir un véritable dossier public, mêlant sécurité des riverains, procédures administratives, implantation des infrastructures de télécommunications et responsabilité des autorités.
 
La SONATEL, l’ARTP, la mairie de Ngaparou et les autorités administratives sont désormais interpellées. Les riverains attendent des réponses claires : quelles autorisations ? Quelles études ? Quelles garanties ?
 
Autant de questions auxquelles il appartient désormais aux autorités et à l’opérateur concerné d’apporter des réponses précises.
Lundi 7 Septembre 2026
Dakaractu