Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a déclaré samedi soir que son pays avait "anéanti" les programmes nucléaire et balistique iraniens lors de ses frappes contre la République islamique.
Ces déclarations interviennent au moment où de hauts responsables iraniens et américains ont entamé à Islamabad des négociations directes afin de tenter d'obtenir un rêve durable dans la guerre au Moyen-Orient, engagee par une attaque conjointe américaine-israélienne contre l'Iran le 28 février.
"Nous avons réussi à anéantir le programme nucléaire et à anéantir le programme de missiles" de l'Iran, a affirmé M. Netanyahu lors d'une allocution télévisée, assurant que le pays ne disposait "plus une seule installation d'enrichissement en état de fonctionner".
Il a encore affirmé que la guerre avait été lancée après que le guide suprême Ali Khamenei, tué au premier jour du conflit, avait "cherché à enfouir la production de missiles et la production nucléaire très, très profondément sous une montagne", ce qui rendait une intervention nécessaire.
"Ils voulaient nous étrangler, et (maintenant) c'est nous qui les étranglons. Ils nous menaçaient d'anéantissement, et maintenant ils se battent pour leur survie", a encore dit le Premier ministre, en référence aux dirigeants iraniens et à leurs alliés régionaux, comme le mouvement islamiste libanais Hezbollah ou les rebelles houthis du Yémen.
L'accord de cessez-le-feu entre l'Iran et les Etats-Unis est entré en vigueur mercredi pour deux semaines.
Israël dit qu'il ne concerne pas le Liban où l'armée israélienne combat le Hezbollah depuis le 2 mars, après que le mouvement chiite a lancé des frappes contre le pays voisin en représailles à la mort de Khamenei.
- "Sabotage" -
Israël a riposté par des frappes aériennes meurtrières de grande ampleur à travers le Liban et une offensive terrestre dans le sud du pays, mais a récemment accepté des négociations directes avec Beyrouth qui a annoncé qu'une rencontre aurait lieu mardi à Washington.
"J'ai posé deux conditions : nous voulons le désarmement du Hezbollah et nous voulons un véritable accord de paix qui tiendra pour des générations", a précisé Benjamin Netanyahu.
Dans le même temps, il a assuré que son armée avait "créé une zone tampon de sécurité de huit à dix kilomètres" à l'intérieur du territoire libanais depuis la frontière israélienne, afin de repousser la menace des roquettes du mouvement visant les localités du nord d'Israël.
Alors même qu'il s'exprimait, quelque 800 manifestants israéliens étaient rassemblés à Tel-Aviv pour protester contre les guerres en Iran et au Liban.
"Nous n'avons pas confiance!", pouvait-on lire sur une banderole tandis que des slogans chantés accusaient le Premier ministre de chercher à perturber le cessez-le-feu avec l'Iran.
Mercredi, des frappes massives et simultanées israéliennes sans précédent sur le Liban ont fait plus de 350 morts, selon le ministère libanais de la Santé. Israël a affirmé que plus de 180 terroristes du Hezbollah ont été éliminés.
"Ce qui s'est passé immédiatement après le cessez-le-feu en Iran, c'est qu'Israël a lancé l'une de ses plus importantes attaques au Liban, ce qui, à mon avis, était une tentative de saboter la trêve", a estimé Martin Goldberg, un manifestant de 61 ans.