Ndindy : accusés de viol collectif sur une mineure déficiente, deux demi-frères acquittés après trois ans de prison

P. Guèye et C. Mbow, deux demi-frères poursuivis notamment pour viol collectif sur une personne particulièrement vulnérable, pédophilie et détournement de mineure, ont été acquittés au bénéfice du doute par la Chambre criminelle du Tribunal de grande instance de Diourbel. Ils venaient de passer trois années en détention, rapporte L’Observateur.


Après trois années derrière les barreaux, deux demi-frères poursuivis dans un lourd dossier de mœurs ont finalement été acquittés. La Chambre criminelle du Tribunal de grande instance de Diourbel a prononcé leur acquittement au bénéfice du doute, faute d’éléments jugés suffisants pour établir leur culpabilité avec certitude, rapporte L’Observateur.
 
P. Guèye, 33 ans, et C. Mbow, 41 ans, tous deux menuisiers métalliques à Touba-Ndindy, étaient poursuivis pour viol collectif sur une personne particulièrement vulnérable, pédophilie et détournement de mineure de moins de seize ans.
 
L’affaire remonte à 2023 lorsqu’un homme identifié comme M. Niang dépose une plainte auprès de la brigade de gendarmerie contre les deux hommes. Il les accuse d’avoir abusé sexuellement de sa petite sœur, A. Niang, alors âgée de 15 ans et présentée comme mentalement déficiente.
 
Un certificat médical établi par un gynécologue de l’hôpital Matlaboul Fawzeyni de Touba avait été versé au dossier. Le document faisait notamment état de déchirures hyménales anciennes.
 
Entendue au cours de l’enquête, la jeune fille avait raconté avoir été appelée en début d’après-midi par une voisine qui l’invitait à prendre du thé. Une fois sur place, elle affirmait s’être retrouvée seule avec P. Guèye et C. Mbow.
 
Elle avait livré aux enquêteurs un récit décrivant les violences sexuelles dont elle disait avoir été victime. Elle affirmait également s’être retrouvée presque nue, avec son pagne ensanglanté et taché d’un liquide blanchâtre.
 
Toujours d’après son récit rapporté par L’Observateur, la grand-mère des deux accusés l’aurait ensuite retenue et lui aurait proposé de laver son pagne au robinet de la cour avant de rentrer chez elle.
 
Les deux demi-frères avaient catégoriquement nié les accusations. Ils soutenaient que la jeune fille n’avait jamais pénétré dans leur chambre.
 
Cependant, lors d’une confrontation, la plaignante avait livré une description détaillée des lieux, jusqu’au matelas posé à même le sol sur lequel elle disait avoir été agressée.
 
À la suite de l’enquête, les deux hommes avaient été déférés au parquet de Diourbel puis placés sous mandat de dépôt.
 
Trois ans plus tard, le dossier est arrivé devant la Chambre criminelle. Mais à l’audience, la situation probatoire a pris une autre tournure.
 
A. Niang, devenue majeure, aurait eu de grandes difficultés à se souvenir avec précision des circonstances relatées plusieurs années auparavant. Selon le journal, sa mémoire s’était considérablement altérée.
 
Elle ne savait notamment plus préciser si les faits avaient eu lieu le matin, le soir ou la nuit. Certaines de ses déclarations auraient également varié, notamment concernant la personne ayant lavé son pagne après les faits allégués.
 
La défense s’est engouffrée dans ces contradictions et pertes de mémoire pour invoquer le doute raisonnable.
 
Les avocats ont plaidé principalement l’acquittement pur et simple et, subsidiairement, un acquittement au bénéfice du doute.
 
La Chambre criminelle a finalement estimé que les preuves disponibles ne permettaient pas d’établir la culpabilité des accusés sans le moindre doute.
 
P. Guèye et C. Mbow ont donc été acquittés au bénéfice du doute et ont recouvré la liberté après trois années de détention.
Mercredi 12 Aout 2026
Dakaractu