Les habitants du quartier de Sourah, à Touba, vivent un calvaire sans fin à cause des inondations qui transforment leur quotidien en enfer. La goutte d’eau qui a fait déborder le vase, c’est l’eau qui s’invite jusque dans leur lieu de culte. Dans une rare expression de colère, l’imam du quartier a lui-même choisi de prendre part à une manifestation contre cette situation, dénonçant l’inaction des autorités. « À chaque fois qu’un camion passe dans le quartier, l’eau est poussée dans la mosquée », a-t-il témoigné, sa présence lors de la marche constituant un symbole fort du ras-le-bol général qui anime la population de ce quartier de la cité religieuse. Ce geste inédit de la part d’un guide religieux illustre l’urgence et la profondeur du désespoir des sinistrés, qui estiment que leur quartier est « clairement oublié ».
Au-delà de l’eau stagnante qui ne se dégage pas, ce sont les conditions sanitaires désastreuses qui inquiètent les habitants. L’imam ne se fait pas prier pour porter la parole de ces derniers. « Notre quartier est infesté de moustiques. Les enfants et les femmes enceintes souffrent le martyre et tombent souvent malades à cause du paludisme qui est dans toutes les maisons. » Les démarches auprès des autorités, notamment au niveau de la mairie, étant restées vaines, la population lance un appel au secours. La colère est également dirigée vers les responsables des travaux de voirie. Les sinistrés imputent la persistance des inondations à des canalisations défectueuses et à des travaux mal réalisés, réclamant un contrôle des infrastructures. L’imam de poursuivre : « Ils doivent revenir contrôler si le travail est bien fait et si les canalisations ne sont pas défectueuses. Nous ne pouvons pas continuer à vivre ce calvaire. Il n’est pas normal que, dans une ville, certains vivent l’Eldorado et d’autres la misère. Cela ne fait pas partie des objectifs visés par Serigne Touba lorsqu’il créait cette cité. » L’imam exhorte l’État à ne pas rester les bras croisés face à une situation où les eaux croupissantes dégagent des odeurs pestilentielles, menaçant de provoquer des maladies mortelles.