Multilatéralisme, transition écologique, Cop21, dans un monde post conflit russo – ukrainien


Multilatéralisme, transition écologique, Cop21, dans un monde post conflit russo – ukrainien
La neutralité carbone à 2050, résolution phare adoptée durant la COP 21 à Paris il y'a cinq ans, promet de se débarrasser totalement, ou presque, de l’usage des énergies fossiles dans 30 ans.  Pour y arriver la transition énergétique pour les uns ou la transition écologique pour les autres dont les environnementalistes cherchent à décarboner progressivement les sources de production d’électricité responsable à elle seule de près de 50% des émissions de Co2.
Le pétrole, le gaz et le charbon polluent la planète et accentuent les fortes températures qui nuisent à notre santé, dégradent le sol, affectent les rendements agricoles. L’énergie nucléaire, efficiente certes en coûts mais génère trop de déchets dangereux et toxiques pour leur conditionnement dans le temps.
Il faut noter que tous les pays signataires des accords de Paris sur les changements climatiques et la neutralité Carbone en 2050      n’ont pas les mêmes situations. En Afrique nous en sommes aux générateurs   à combustibles fossiles pétroliers ou gaziers pour une électricité d’usage domestique, l’industrialisation étant faible.
L’Asie émet beaucoup de Co2 avec les géants chinois et indiens qui utilisent intensément le charbon dans leur système énergétique pour les besoins d’une industrialisation très forte et une urbanisation galopante.  Le Japon, un mammouth industriel est dans le gaz naturel liquéfié de plus en plus.
L’Europe est surtout nucléaire, le vieux continent innove et maîtrise sa consommation d’énergie avec une efficience d’utilisation à toute épreuve. Cependant il ne peut se passer du gaz pour les pics d’hiver et ses PME – PMI.
Le gaz génère moins de CO2 que le charbon ou beaucoup de combustibles pétroliers pour faire de l’électricité. Le gaz est souvent bon marché mais il voyage difficilement contrairement au pétrole brut ou autres combustibles pétroliers qui se déplacent facilement sur nos océans. La Russie qui est de loin le principal fournisseur de gaz pour l’Europe avec plus de 45% l’utilise comme arme dans ses relations avec les pays voisins et le reste de l’Europe.  Le gaz russe est aussi source de devises étrangères pour contrer l’euro et le dollar US comme monnaie de transaction internationale.  La Russie s’affirme dans sa diplomatie avec ses immenses réserves d’hydrocarbures dont l’Europe voire le monde ne peut se passer. Depuis le conflit russo – ukrainien, le baril de pétrole n’est pas descendu en deçà des 100 dollars.  Il est à redouter même un troisième choc pétrolier avec un baril à 200 dollars scénario plausible selon la très sérieuse banque américaine Goldman SACHS.
Le conflit russo – ukrainien montre que l’Europe est très loin des objectifs de neutralité Carbone et de zéro émissions de Co2 sinon comment expliquer le Nordstream 2 et le flux continu du gaz russe en Allemagne, France et Italie malgré les sanctions des pays de l’OTAN.
La realpolitik dicte donc la poursuite des schémas de diversification des sources d’énergie avec un mix qui favorise le renouvelable. Aussi les nouveaux champs gaziers souvent offshore comme au Sénégal ou en Mozambique doivent bénéficier d’un financement adéquat pour participer à sécuriser les sources d’approvisionnement dans un monde multilatéral. L’appel du Président en exercice de l’Union Africaine, actuel Chef de l’Etat du Sénégal prend ainsi tout son sens sur la poursuite des sources de financements internationaux pour le pétrole et le gaz dans les nouveaux pays producteurs d’hydrocarbures comme le Sénégal. Il y va de la sécurité de la planète. 
                                               Moustapha DIAKHATE                                                                                       Expert et Consultant en Infrastructures
 
                                               Ex Conseiller Spécial PM
 
                                               Ex Conseiller Spécial Présidente Cese
Vendredi 1 Avril 2022
Dakar actu




Dans la même rubrique :