Mouhamed Lamine Diop : Seydi Djamil Niane rend hommage au « prince noir de la poésie arabe »


Finaliste au plus grand concours de poésie arabe intitulé Amiru Shu’ara qui s’est tenu en 2019 aux Émirats Arabes unis, Mouhamed Lamine Diop n’a pas gagné le titre. Mais cela n’enlève rien au mérite de ce jeune sénégalais qui a montré des aptitudes sûres quant à sa maîtrise de la langue arabe et de ses subtilités.

La preuve, il a terminé à la quatrième place et s’il n’a pas remporté la palme, c’est parce qu’il n’a pas su compter sur le vote des téléspectateurs. Néanmoins, il a gagné et le cœur du jury et le respect de ses compatriotes. L’un d’entre eux a d’ailleurs décidé de lui consacrer un ouvrage qu’il a titré « Mouhamed Lamine Diop : le prince noir de la poésie arabe ». Seydi Djamil Niane puisqu’il s’agit de lui, a présenté le livre ce jeudi 10 juin au siège du Warc.

Pour le jeune chercheur sénégalais, il s’agit de rendre hommage à son compatriote qui s’est illustré de la plus belle des manières dans un concours aussi difficile que celui auquel Mouhamed Lamine Diop a pris part à Abu Dhabi. « Mouhamed Lamine est un jeune qui n’est pas en train de faire sa jeunesse de la même manière que d’autres modèles qu’on veut nous vendre au Sénégal (…) c’est un poète talentueux qui a participé à Amiru Shu’ara dans sa 8e édition. Il faut comprendre qu’il y avait 1400 candidats et il est arrivé parmi les quatre premiers. Je trouvais important de lui rendre hommage, mais surtout de montrer la profondeur de ses écrits », décline l’auteur. Qui cherchait aussi à rendre hommage à la classe arabisante à laquelle il fait
partie. 

Dans le fond, il explique que c'est un livre qui fait de l’anthropologie culturelle et historique à travers la langue arabe. À ce propos, le parcours du jeune poète sénégalais a été étudié de son Saint-Louis natal jusqu’au Maroc. Dans l’ouvrage, l’auteur Seydi Djamil Niane aborde aussi le retour du jeune prodige au Sénégal et la manière dont il a été accueilli par ses compatriotes. Son audience avec Serigne Mountakha Mbacké, Khalife général des mourides n’est pas passée sous silence.

Un moment particulier durant lequel le saint-homme a formulé des propos très élogieux à l’endroit de Mouhamed Lamine Diop. « Je trouve en toi le goût poétique et c’est le même goût qui animait Cheikh Ahmadou », a répondu le patriarche mouride au poète qui venait de déclamer quelques vers à son honneur.
Pour sa part, Penda Mbow a expliqué sa présence à la cérémonie de présentation de l’ouvrage par la volonté d’encourager un jeune pétri de talent comme Seydi Djamil Niane qu’il met sur un pied d’égalité avec les chercheurs arabisants qui ont marqué l’histoire de l’IFAN. L’autre raison, c’est de rappeler la nécessité de renouveler « notre stock intellectuel, surtout à partir de ce qu’on appelle les arabisants. » « Il y a un travail immense qui est en train d’être produit et qui mérite d’être connu », renchérira l’historienne. 
Jeudi 10 Juin 2021
Dakaractu




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