Mouhamadou Diamanka : « En tant que maître coranique et croyant, l’Islam n’accepte pas le phénomène des enfants de la rue et de la mendicité… j’ai 37 talibé qui mangent et dorment chez moi sans mendier… une exigence chez moi »


« En tant que maître coranique et croyant, l’islam n’accepte pas le phénomène des enfants de la rue et de la mendicité. Notre seigneur ALLAH a dit dans le Coran : « on ne peut faire que ce qui est à la portée de notre charge ». J’ai 37 talibé qui mangent et dorment chez moi sans mendier. Je cultive pour leur prise en charge et ceci est une exigence chez moi, de même que la participation des parents en nourriture, en santé et en habillement. Et si cette question n’est pas réglée au préalable, je ne prends aucun enfant en charge. D’après le prophète Mohamed (psl) la main qui donne est meilleure que celle qui reçoit. Chez moi, les études coraniques remplacent la mendicité. Je pense que pour étudier un enfant doit être sain, propre et bien nourri pour pouvoir bien prononcer la parole divine », déclare-t-il.

Dans la foulée, il avance « à plusieurs reprises j’ai eu à ramener des enfants dans leur daara ou domicile en Guinée Bissau. Kolda est un foyer de transit d’enfants talibé et les marabouts itinérants de la sous-région.  Et d’ailleurs, la fin de l’année coïncidant avec les récoltes est leur période favorite. Ils viennent avec des enfants talibé qu’ils font travailler dans les champs pour les besoins des récoltes. Ensuite, ils empochent l’argent au détriment des enfants. Nous, si on voit ces cas on récupère les enfants pour les renvoyer au daara d’origine ou à leurs domiciles. Je pense que les enfants ne doivent pas travailler, ils doivent être bien encadrés et protégés afin de réussir leurs études.»

« Nous travaillons avec des ONG telles que La lumière, Enda jeunesse action, Avenir de l’enfant pour mieux lutter contre le phénomène des enfants de la rue et de la mendicité. Notre stratégie demeure la sensibilisation auprès des populations pour que les enfants étudient sur place. Mais aussi de ne plus confier aux marabouts itinérants leurs enfants qui courraient de graves risques comme les viols, les maladies, les meurtres, le trafic d’organes… »

« Pour enrayer ce fléau, les mesures sont simples, il faut que l’État prenne de fortes responsabilités, les populations arrêtent de confier leurs enfants aux marabouts en les fixant sur place », conclura-t-il.
Jeudi 28 Novembre 2019
Dakaractu



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