Neuf nations africaines avaient validé leur ticket pour ce Mondial élargi à 48 équipes. Il s’agit du Maroc, de l'Égypte, du Sénégal, de l'Afrique du Sud, du Cap-Vert, de la Côte d'Ivoire, de l'Algérie, de la Tunisie et du Ghana. Elles ont démontré ce chiffre historique, conséquence directe de la réforme voulue par la FIFA, qui offrait mécaniquement davantage de places au continent. Mais ce record de participation ne s'est que partiellement traduit en résultats et le bilan à l'heure des huitièmes de finale, invite à la nuance plus qu'à l'euphorie.
La phase de groupes avait pourtant nourri quelques motifs de satisfaction. Le Cap-Vert, qualifié pour la première fois de son histoire, avait créé la surprise en se hissant au tour suivant, l'une des seules nations débutantes à y parvenir dans tout le tournoi. La Côte d'Ivoire avait dominé sa poule avec autorité, l'Égypte et le Maroc s'étaient qualifiés sans trembler, tandis que le Sénégal, l'Algérie et le Ghana se sont invités au tour suivant par la petite porte des meilleurs troisièmes, preuve d'une compétitivité réelle mais fragile. Seule la Tunisie a connu une élimination sans appel dès les phases de groupes, avec trois défaites et une différence de buts très négative, symptôme d'un cycle en fin de course pour les Aigles de Carthage.
C'est au stade des seizièmes de finale que le couperet est tombé pour sept des neuf représentants africains. L'Afrique du Sud, débutante à ce niveau de compétition, s'est inclinée d'un rien face au pays hôte canadien, dans un match fermé décidé dans les ultimes secondes. La Côte d'Ivoire a cédé face à la Norvège, le Ghana face à la Colombie, l'Algérie face au Portugal. Ces trois éliminations nettes, traduisent une difficulté récurrente à passer un cap face à des équipes mieux organisées collectivement. Le Sénégal et le Cap-Vert, eux, ont livré une résistance admirable, mais se sont tous les deux, inclinés après prolongation face respectivement à la Belgique et à l'Argentine, à un but ou une décision prés de créer la sensation.
Ce bilan d'ensemble semble dessiner une réalité connue mais rarement démentie. En effet, le football africain dispose d'un vivier de talents individuels indiscutable et d'une capacité croissante à rivaliser sur un match, mais peine encore à installer plusieurs nations simultanément au sommet d'une compétition mondiale. La densité et la régularité collective, sur l'ensemble d'un tournoi, restent l'écart principal avec les puissances sud-américaines et européennes. Le Maroc et l'Egypte, seuls rescapés, portent donc une double responsabilité qui est de confirmer leurs propres ambitions et représenter, à eux seuls, tout un continent dans la suite de la compétition.