Mondial 2022 : Le parquet national financier ouvre une information judiciaire sur les conditions d'attribution.

Après trois ans d'enquête préliminaire, le Parquet national financier a ouvert une information judiciaire pour « corruption » sur l'attribution au Qatar du Mondial 2022, selon des informations de Mediapart.


Michel Platini n'en a sans doute pas fini avec la justice. Pénale cette fois et non plus sportive. Quelques semaines après la fin de sa suspension par la FIFA, le 8 octobre, dans l'affaire du versement controversé de deux millions de francs suisses reçu de Sepp Blatter, le patron déchu de la Fédération internationale, l'ancien président de l'UEFA va devoir répondre aux questions d'un juge d'instruction dans le volet français de l'attribution du Mondial 2022 au Qatar.

 

Selon une information de Mediapart, ce lundi, le Parquet national financier (PNF), après trois ans d'enquête préliminaire, a en effet ouvert une information judiciaire pour « corruption active et passive », ainsi que pour recel et blanchiment de ces délits. Une nouvelle étape judiciaire dans ce dossier confirmée par le PNF. Elle inclut la nomination d'un juge d'instruction. Michel Platini et deux anciens collaborateurs de Nicolas Sarkozy à l'Élysée avaient été interrogés en juin par les policiers sur un déjeuner à l'Elysée organisé peu de temps avant l'attribution du Mondial.

 

Déjeuner à l'Elysée

 

Selon une enquête de France Football, « au cours de cette réunion (le 23 novembre 2010, neuf jours avant l'attribution du Mondial, rassemblant entre autres Nicolas Sarkozy, Tamim ben Hamad al-Thani, prince héritier du Qatar et Michel Platini), il a tour à tour été question du rachat du PSG par les Qataris, d'une montée de leur actionnariat au sein du groupe Lagardère, de la création d'une chaîne de sport (beIN Sports) pour concurrencer Canal + ». Le tout aurait été convenu « en échange d'une promesse : que Platini ne donne pas sa voix aux États-Unis, comme il l'avait envisagé, mais au Qatar ».

 

L'enquête devra déterminer si l'attribution du Mondial au petit état gazier, le 2 décembre, était une simple coïncidence, ou bien le résultat de l'exécution de l'arrangement présumé conclu lors de ce déjeuner.

 

« Message subliminal »

 

Mediapart rappelle que lorsque Michel Platini était sorti de garde à vue, son avocat, William Bourdon, avait dénoncé « beaucoup, beaucoup de bruit pour rien », estimant que son client était « totalement étranger à des faits qui le dépassent ». L'ancien numéro 10 des Bleus a lui-même assuré que Nicolas Sarkozy ne lui avait pas demandé de voter pour le Qatar lors du déjeuner, même s'il a « senti qu'il y avait un message subliminal ».

 

 

 

Lundi 9 Décembre 2019
Dakaractu




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