Mody Guiro: « Les conflits tiennent moins au secteur privé qu'aux accords non tenus par l'État »


Le Secrétaire général de la Confédération nationale des travailleurs du Sénégal (CNTS), Mody Guiro, a salué, au Symposium social du Conseil national du Patronat (CNP), la tenue de cette rencontre consacrée au dialogue social, à la liberté syndicale et à la gestion des conflits, tout en pointant la responsabilité de l'État dans les tensions actuelles.
 
S'exprimant au nom des organisations syndicales sénégalaises, Mody Guiro a rappelé que l'engagement des syndicats dans le dialogue social ne date pas d'aujourd'hui. Il a cité la première charte de dialogue social, parafée dès 2001 sous la présidence d'Abdoulaye Wade, malgré les réticences de plusieurs syndicats à l'époque. Cet engagement a conduit, selon lui, à la création du Haut Conseil du dialogue social, d'abord logé au ministère du Travail avant d'être rattaché à la Présidence de la République. Le syndicaliste a insisté sur la confiance comme fondement des relations entre partenaires sociaux travailleurs, employeurs et État. « Là où il n'y a pas de confiance, on ne peut pas réussir », a-t-il affirmé, ajoutant que le respect des accords signés conditionne la stabilité de ce dialogue.
 
Il a précisé que les conflits actuels tiennent moins au secteur privé, pourtant à l'origine du symposium, qu'aux revendications ou accords non tenus au niveau de l'État, qu'il a qualifié de « principal » responsable en tant qu'employeur. Il a également dénoncé des violations des droits du travail dans certaines entreprises, une iniquité dans le traitement social, ainsi qu'un déficit de dialogue social bien compris, tant du côté des employeurs que des travailleurs.
 
Mody Guiro a mis en garde contre l'illusion d'une paix sociale qui se limiterait à l'absence de grève, évoquant des tensions internes non exprimées qui peuvent, à terme, dégénérer en conflit ouvert, y compris dans le secteur privé, déjà fragilisé par la dette.
Lundi 28 Septembre 2026
Dakaractu