Meurtre de 2 enfants à Touba : ‘’À force de banaliser la violence sur les enfants, à force de banaliser leurs droits, voilà où nous en arrivons’’ (Mamadou Wone, coordonnateur de la PPDH)


Meurtre de 2 enfants à Touba : ‘’À force de banaliser la violence sur les enfants, à force de banaliser leurs droits, voilà où nous en arrivons’’ (Mamadou Wone, coordonnateur de la PPDH)
Coordonnateur de la Plateforme pour la Promotion des Droits Humains (PPDH), particulièrement des droits de l’enfant, le sociologue Mamadou Wane parle d’acte de lâcheté pour qualifier l’assassinat perpétré sur les 2 enfants trouvés égorgés vendredi, chez eux, à Touba. ‘
’Il y a eu des signaux d’alerte depuis très longtemps. Prenez l’exemple du retrait des enfants de la rue, ça n’a rien donné, ça n’a pas abouti. Les droits de l’enfant ne sont pas considérés au Sénégal, les enfants vivent une misère terrible, personne ne s’occupe d’eux. La violence vis-à-vis de cette couche vulnérable de la société est devenue une banalité effective et la responsabilité est sociétale. Il y’a eu toute une série d’enlèvements d’enfants avant qu’on en arrive à cette situation. On se rappelle encore des enfants qui ont été tués à Rufisque, à Touba, le meurtre du jeune Fallou, ceux qui se sont cramés dans le feu à la Médina entre autres. À force de banaliser la violence sur les enfants, à force de banaliser leur droits, voilà où nous en arrivons’’, s’est-il offusqué. Il relève, par ailleurs, un problème sécuritaire généralisé dans la société sénégalaise et un manque de vigilance parentale. ‘’Comment l’assassin a pu accéder aux enfants? Qui était dans la demeure? Ce sont les questions que je me pose, la question de sécurité est globale dans ce pays, on violente facilement les gens, on les assassine facilement et l’impunité est grandissante’’, dénonce le militant des droits humains, non sans évoquer la démission de l’autorité parentale. D’ailleurs, Mamadou Wane plaide pour un mécanisme répressif à l’endroit des parents irresponsables.

‘’Il y a aussi une démission des parents, Il y a une négligence totale. À mon avis, il faut faire des réformes de la loi sur la protection des enfants pour poursuivre les parents négligents.

Le fait d’ouvrir une enquête pour déterminer le coupable, seulement, ne suffit pas pour protéger les enfants, même si on poursuit l’assassin, les enfants sont déjà morts. Je crois que l’État est faible, aujourd’hui, il faudrait songer à des mécanismes de prévention, revoir la communication sur les droits de l’enfant’’, a expliqué le coordonnateur de la PPDH. Interpellé sur le retour à la peine de mort, Mamadou Wane affiche son désaccord et donne des raisons. 
‘’Je suis contre la peine de mort. Dans tous les pays où il y a peine de mort, il y a des assassinats. L’homme est, quelque part, un animal, il y a des pulsions de mort chez nous. Égorger une personne n’est pas une chose normale chez l’homme, si on en arrive là, ça veut dire qu’on est arrivé à un stade où les gens on des problèmes psychiatriques. Dans une société sénégalaise où il n’y a rien de stabilisé, il peut arriver que l’on disjoncte du jour au lendemain et malheureusement on s’en prend aux plus faibles et les enfants deviennent des proies à ces actes de lâcheté’’, a conclu le sociologue.
Samedi 28 Septembre 2019
Dakaractu



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