Message envoyé à Macky Sall à l'occasion de la fête du 4 avril : Alpha Condé est-il revenu à de meilleurs sentiments ?


Alpha Condé est-il en train de revenir à de meilleurs sentiments ? La question trouve toute sa pertinence dans le message lancé par le président guinéen à son homologue sénégalais, à l'occasion de la célébration du 61è anniversaire de l'accession du Sénégal à la souveraineté internationale. « Je voudrais vous assurer de ma ferme détermination à œuvrer de concert avec vous pour le renforcement et la diversification de nos liens d'amitié de fraternité, unissant si heureusement nos deux pays », a écrit le locataire de Sékhoutouréya à l'endroit du chef de l'Etat sénégalais. 

 

Le message peut être perçu comme une formule protocolaire mais le contexte nous invite à lui donner une autre signification. Son auteur s'est révélé très virulent contre le Sénégal et son président ces derniers jours. En déplacement à Tormélin, le président guinéen a, dans la langue sousou, accusé le Sénégal de servir de base arrière à ses opposants. « Tous ceux qui nous insultent, tous ces cris de la « Guinée va brûler », tout se fait à Dakar », s'est-il plaint avant d'ajouter que « tous ceux qui voulaient que la Guinée brûle, nous voyons tous ce qui se passe chez eux. Dieu ne dort pas »

 

Une allusion faite aux derniers événements qui ont secoué le Sénégal et qui ont occasionné la mort d'une dizaine de personnes. Dans un entretien avec Jeune Afrique publié le 30 mars, Alpha Condé récidive en déclarant que « toutes les tentatives de déstabilisation visant la Guinée viennent du Sénégal ». 

 

Il faut dire que Alpha Condé ne voit pas d'un bon œil les déclarations émises depuis Dakar par certains de ses opposants. Mais la pilule de trop serait la présence au Sénégal de deux activistes appartenant au Front national de défense de la Constitution (FNDC). Ibrahima Diallo et Sékou Koundouno qui se veulent les têtes pensantes de la nouvelle stratégie de cet ensemble qui œuvre pour le départ d'Alpha Condé ont trouvé refuge au Sénégal après avoir été dans le viseur du régime guinéen. Respectivement chargé des opérations et responsable de la Planification du FNDC, ces deux activistes ont été déjà arrêtés en mars 2020 par des forces de sécurité. Placés sous contrôle judiciaire et libérés le 13 mars, les deux membres du FNDC ont trouvé le moyen de quitter la Guinée pour le Sénégal. 

 

Au pays de la Téranga, ils poursuivent leurs activités et comptent à partir du sol sénégalais donner une nouvelle orientation à leur organisation presque décapité par une série d'arrestations en Guinée. Cet activisme empêcherait Condé de dormir et l'encouragerait à garder fermées les frontières avec le Sénégal. Mais cette décision risque sur le long terme de fragiliser l'économie guinéenne.

 

Le chef de l'Union des démocrates pour la renaissance de la guinéenne (UDGR) avait tiré la sonnette d'alarme en affirmant que la persistance de cette mesure est contre-productive pour les intérêts vitaux de la Guinée. « Les activités économiques sont anéanties, la pauvreté s'élargit et les perspectives sont sombres (...) le ramadan prochain sera socialement explosif si Alpba Condé ne lâche pas du lest du côté des frontières au risque d'exacerber les tensions et d'accroître la fragilité de la Guinée », avait-il alerté dans un tweet parcouru par Dakaractu. 

 

Lors de son déplacement à Tormelin, Alpha Condé a lui-même reconnu que les prochains jours seront difficiles et qu'il fallait se serrer la ceinture, non sans mettre en garde ses concitoyens contre l'utilisation du contexte économique difficile pour faire flamber les prix des hydrocarbures. Un aveu qui en dit long sur les difficultés que traverse la Guinée et qui expliquerait ce semblant de bras tendu au Sénégal pour une décrispation bénéfique aux deux nations. 

Dimanche 4 Avril 2021
Dakaractu



Nouveau commentaire :
Twitter



Dans la même rubrique :