Menaces de Trump sur les droits de douane: l’UE va-t-elle dégainer son “bazooka commercial”?


“L’Union européenne est prête à faire face à tous les scénarios”, a déclaré mardi la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, après l’annonce vendredi par le président américain Donald Trump d’un relèvement des droits de douane sur les voitures européennes à 25%.

Ursula Von der Leyen et Donald Trump avaient conclu un accord commercial en juillet dernier à Turnberry, en Écosse, après l’imposition unilatérale de droits de douane par les États-Unis. Il y était convenu que les “tarifs” américains sur les produits européens ne dépasseraient pas 15 %.

Le représentant américain au commerce extérieur, Jamieson Greer, a déclaré lundi à la chaîne d’information CNBC que les États-Unis jugeaient opportun d’augmenter les droits de douane, aux motifs que l’UE n’a encore tenu aucune de ses promesses selon lui et que le Parlement européen avait ajouté des amendements à l’accord initial. M. Greer doit rencontrer mardi à Paris le commissaire européen au Commerce, Maros Sefcovic.

 
“Pas d’escalade de menaces”

La Commission européenne souligne toutefois qu’elle a, pour sa part, commencé à mettre en œuvre l’accord et qu’elle continuera à le faire, et un porte-parole a déclaré lundi que l’UE “ne participera pas à une escalade de menaces”.

“Un accord est un accord”, a répété mardi la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, à l’issue du sommet UE-Arménie. “Nous appliquons l’accord, dans le respect des procédures démocratiques des deux côtés”, a-t-elle déclaré. “L’UE en est à la phase finale de la mise en œuvre de certains engagements tarifaires, tandis que les États-Unis, par exemple, n’ont pas encore appliqué le plafond convenu.”

Quelle riposte?

“Nous voulons un bénéfice mutuel, la coopération et la fiabilité, et nous sommes prêts à faire face à tous les scénarios”, a-t-elle conclu. L’Allemande n’a pas précisé quelles mesures l’UE pourrait prendre, mais un porte-parole a déclaré lundi qu’aucune option n’était écartée.

L’UE avait déjà établi une liste de produits d’une valeur d’environ 100 milliards d’euros sur lesquels elle pourrait elle-même imposer des droits de douane. En dernier recours, elle pourrait décider d’activer son “instrument anti-coercition”, sorte de “bazooka commercial” qui permet d’activer toute une série de mesures de rétorsion.

Mardi 5 Mai 2026
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