Le tribunal de grande instance de Mbour doit rendre son verdict mardi prochain dans une affaire qui a profondément choqué la communauté de la Petite-Côte. Trois couples de ressortissants nigériens sont poursuivis pour exercice illégal de la pharmacie et mise en danger de la vie d’autrui.
D'après nos confrères de l'Observateur, au cœur du dossier se trouve une adolescente de 16 ans, aujourd’hui privée de l’usage de la parole, après avoir subi ce qui est présenté comme une séance de « soins mystiques ».
Selon les éléments évoqués à l’audience, les mis en cause proposaient depuis plusieurs mois des soins à domicile dans la commune de Diass. Ils auraient convaincu la mère de la jeune fille, inquiète pour la santé fragile de son enfant, de lui confier celle-ci pour un traitement destiné à la « guérir » de troubles attribués à des causes mystiques.
D’après l’accusation, une séance impliquant notamment des pratiques rituelles et l’usage de substances aurait plongé l’adolescente dans un état de transe violent. Après l’intervention, la jeune fille aurait perdu l’usage de la parole et présenterait depuis des troubles persistants.
Le journal souligne que les prévenus ont été interpellés puis placés sous mandat de dépôt. À la barre, certains ont reconnu des pratiques de guérison et la vente de produits, tout en contestant toute responsabilité directe dans l’état de la victime.
Le parquet a requis des peines d’emprisonnement ferme ainsi que des amendes, qualifiant les faits d’« extrêmement graves » et dénonçant un système exploitant la vulnérabilité des familles. Le jugement est attendu dans les prochains jours.