Mbour : un professeur de l’UCAD traîné en justice par son ex-femme pour des bijoux en or disparus

Une union née en 2015 dans un centre d’examen à Adéane a fini devant la justice de Mbour. Après huit années de mariage et une séparation particulièrement conflictuelle, Y.F. Sané accuse son ex-époux, le professeur d’université M.C. Ngom, d’avoir fait disparaître des bijoux en or d’une valeur supérieure à un million de FCFA ainsi que des tissus estimés à 300 000 FCFA. L’enseignant rejette les accusations et livre une tout autre version de la rupture. Le tribunal rendra sa décision le 13 août 2026.


Selon L’Observateur, M.C. Ngom et Y.F. Sané se rencontrent en 2015.
Le professeur de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar présidait alors un jury dans un centre d’examen à Adéane, dans la région de Ziguinchor. Y.F. Sané y était candidate au baccalauréat.
 
Le couple finit par se marier le 4 juillet 2017 et s’installe à Bandia, dans le département de Mbour.
 
Mais plusieurs années plus tard, les relations se dégradent au point de transformer l’ancienne vie conjugale en un contentieux judiciaire.
 
 
La rupture progressive du couple remonterait au 30 novembre 2022.
 
Y.F. Sané décide alors de quitter le domicile conjugal pour retourner à Adéane afin d’y suivre une formation professionnelle d’une durée de trois ans.
 
Une décision prise, selon le récit livré au tribunal, sans l’accord de son époux et peu après la naissance de leur deuxième enfant.
 
M.C. Ngom affirme que sa femme aurait ensuite refusé de revenir vivre durablement avec lui durant toute la durée de sa formation.
 
À la barre, il décrit même son ex-épouse comme une femme « désobéissante », soutenant qu’elle n’aurait jamais passé plus de six mois consécutifs au domicile conjugal sans retourner auprès de sa famille.
 
Dans ce contexte de tensions, M.C. Ngom contracte un nouveau mariage.
 
Il explique toutefois avoir préalablement déplacé les affaires personnelles de Y.F. Sané dans une autre pièce avant d’installer sa nouvelle épouse dans l’ancienne chambre conjugale.
 
Informée du remariage, Y.F. Sané saisit la justice et engage une procédure de divorce.
 
La rupture du mariage est finalement prononcée en novembre 2025, rapporte L’Observateur.
 
Après leur séparation officielle, Y.F. Sané retourne chez son ex-mari avec l’objectif, selon ses déclarations, de récupérer ses effets personnels qui seraient restés dans une chambre pendant environ trois ans.
 
Elle affirme alors avoir constaté la disparition d’effets de valeur, notamment de vêtements et de bijoux en or.
 
Elle découvre également qu’une autre femme, présentée comme la nouvelle épouse de M.C. Ngom, occupe désormais l’ancienne chambre conjugale.
 
C’est dans ces circonstances qu’elle décide de poursuivre son ex-époux en justice pour le vol présumé de bijoux et d’autres biens.
 
La plaignante estime la valeur des bijoux en or à plus d’un million de FCFA.
 
Elle soutient que ces bijoux lui avaient été offerts par sa mère.
 
À cette réclamation s’ajoute une demande de 300 000 FCFA correspondant, selon elle, à la valeur de tissus de qualité également disparus.
 
Y.F. Sané réclame ainsi la restitution de ses bijoux ainsi que le paiement correspondant aux tissus.
 
 
M.C. Ngom conteste catégoriquement s’être approprié les bijoux.
 
L’enseignant reconnaît avoir déplacé les effets personnels de son ex-épouse, mais assure avoir agi dans l’unique but de les protéger.
 
Il explique avoir constaté que l’armoire où ces affaires étaient conservées depuis plusieurs années commençait à se détériorer. Il aurait donc transféré les effets dans un endroit qu’il jugeait plus sécurisé.
 
Son ex-épouse rejette totalement cette version.
 
Elle l’accuse d’avoir ouvert à son insu leur ancienne chambre et d’avoir déplacé ses affaires, certaines se retrouvant, selon elle, exposées au balcon.
 
Le procès a également donné lieu à des déclarations particulièrement dures sur les origines de leur relation.
 
M.C. Ngom affirme notamment que son rapprochement avec Y.F. Sané était initialement motivé par un sentiment de compassion.
 
Selon ses déclarations rapportées par L’Observateur, la jeune femme venait à l’époque d’échouer pour la cinquième fois au baccalauréat.
 
Il estime que cette situation avait participé à leur rapprochement avant que leur relation ne devienne sentimentale.
 
Y.F. Sané donne une tout autre lecture de son départ du domicile conjugal.
 
Elle soutient que sa décision de repartir à Ziguinchor était liée au non-respect de plusieurs engagements que son époux aurait pris au début de leur mariage.
 
L’accumulation des déceptions l’aurait ainsi conduite à quitter le foyer et à reprendre une formation professionnelle auprès de sa famille.
 
Après les déclarations des deux anciens époux, le procureur de la République a requis l’application de la loi.
 
Le Tribunal d’instance de Mbour a mis l’affaire en délibéré au 13 août 2026.
Vendredi 24 Juillet 2026
Dakaractu