Mbour : l’ONAS veut transformer les eaux épurées en opportunités économiques et sauver la lagune de Mballing


Au micro de Dakaractu Mbour, le directeur général de l’Office national de l’assainissement du Sénégal (ONAS) a livré un plaidoyer en faveur d’une nouvelle approche de l’assainissement, fondée sur la valorisation des eaux épurées et des sous-produits issus des stations d’épuration.

C’était à l’occasion de l’atelier de restitution de l’étude de faisabilité consacrée à la valorisation des sous-produits de la station d’épuration de Mbour, réalisée par le cabinet Delvic. Une rencontre qui a réuni les autorités administratives, les élus locaux, les services de l’État, les entreprises du secteur de l’assainissement ainsi que les membres de la plateforme « La Lagune de Mballing en détresse » et les populations riveraines.

De la contrainte environnementale à l’opportunité économique

Selon le directeur général, cette étude est aussi le fruit du plaidoyer porté par la plateforme citoyenne engagée pour la sauvegarde de la lagune de Mballing. L’objectif est désormais de dépasser la logique traditionnelle consistant à collecter, transporter puis rejeter les eaux usées, pour faire de l’assainissement un véritable levier de développement économique et social.

Les résultats de l’étude sont, à cet égard, particulièrement encourageants. Les eaux épurées pourraient être valorisées dans plusieurs secteurs, notamment le maraîchage, la floriculture, l’arboriculture fruitière ou encore la pisciculture.

Une première expérimentation menée aux abords de la station autour de la culture fourragère aurait déjà donné des résultats prometteurs, selon le directeur général.

Jusqu’à 94,5 millions de FCFA de chiffre d’affaires annuel

L’étude fait également apparaître un potentiel économique non négligeable. Le scénario retenu prévoit une progression du chiffre d’affaires, qui passerait d’environ 25 millions de FCFA dès la première année à près de 94,5 millions de FCFA par an à partir de la huitième année.

En régime de croisière, le projet présenterait une capacité satisfaisante à couvrir ses charges d’exploitation, ses amortissements, ses frais financiers et sa fiscalité, sous réserve toutefois que les hypothèses de rendement, de prix de vente, de commercialisation et de maîtrise des charges soient effectivement respectées.

Un enjeu environnemental majeur pour Mballing

Au-delà des chiffres, c’est surtout l’impact environnemental et social du projet qui retient l’attention.

La valorisation des eaux traitées devrait permettre, à terme, de mettre fin au rejet des eaux traitées dans le marigot de Mballing, avec pour conséquence attendue une amélioration du cadre de vie des populations riveraines et une réduction des nuisances olfactives.

Pour les acteurs de la plateforme « La Lagune de Mballing en détresse », cette perspective pourrait constituer une réponse concrète aux préoccupations environnementales soulevées depuis plusieurs années.

328,46 millions de FCFA nécessaires pour lancer le projet

Mais pour passer de l’étude à la réalisation, d’importants investissements sont nécessaires.

Le budget indicatif des investissements initiaux est estimé à 328,46 millions de FCFA hors taxes. Cette enveloppe doit notamment permettre la réhabilitation et la sécurisation du site, l’amélioration des ouvrages de la station d’épuration et de la station de traitement des boues de vidange, ainsi que la réhabilitation de l’aire de manœuvre et du point de dépotage.

Elle prévoit également des équipements électromécaniques, des ouvrages destinés à la valorisation des boues séchées, des équipements agricoles et la réalisation d’un système complet de valorisation des eaux traitées.

L’ONAS lance un appel aux partenaires

Face à ces besoins financiers, l’ONAS entend mobiliser des partenaires intéressés par la protection de l’environnement et le développement d’une agriculture durable.

L’ambition affichée est de démontrer que la station d’épuration de Mbour peut devenir davantage qu’un simple ouvrage d’assainissement : un espace de création d’emplois, de production de richesse et de soutien à l’agriculture périurbaine.

Cette orientation s’inscrit, selon le directeur général, dans la nouvelle Lettre de politique sectorielle et de développement 2025-2029, qui accorde une place importante à l’économie circulaire et à la valorisation des sous-produits de l’assainissement.

« Transformer les contraintes en opportunités »

Le message porté lors de cet atelier est donc clair : l’assainissement ne doit plus être considéré uniquement comme une charge ou une réponse aux nuisances urbaines. Il peut aussi devenir un outil de développement local.

À Mbour, l’enjeu est désormais de réussir à transformer une contrainte environnementale en opportunité économique, tout en préservant la lagune de Mballing.

« Ensemble, nous pouvons bel et bien transformer les contraintes en opportunités », a résumé le directeur général, en appelant à une mobilisation collective autour de la station d’épuration et de la préservation de cet écosystème.





Jeudi 13 Aout 2026
Dakaractu