Mbour : « Le couteau a raté de peu le cœur de la sage-femme poignardée au cours de la tentative de viol » (source médicale)


Le système sanitaire a été perturbé, ce jeudi, par un sit-in des personnels de santé du district sanitaire de Joal-Fadiouth. Un mouvement de protestation initié pour dénoncer la tentative de viol avortée dont a été la cible une des leurs, il y a quelques jours. Il s’agit de la sage-femme Gnima Sagna qui, aujourd’hui, est admise au service des urgences de l’hôpital de Mbour. 

 

Au cours de ce Sit-in qui a eu pour cadre, le Centre de santé de Joal-Fadiouth, Yacine Sall, présidente de l’Association des sages-femmes du district sanitaire de Joal-Fadiouth, n’a pas mâché ses mots. ‘’Le sit-in d’aujourd’hui n’est pas l’affaire des sages-femmes seulement. C’est celle de tout le corps médical. 

 

D’habitude, c’est la nuit que nous sommes le plus souvent sollicitées. De ce fait, on n’a pas le droit de ne pas répondre favorablement aux populations qui font appel à nous, peu importe l’heure. C’est dans ces circonstances que notre consœur, Gnima Sagna a entendu quelqu’un toquer à la porte. Elle est allée ouvrir, malheureusement, c’était une personne malintentionnée qui était derrière la porte. Cette dernière déterminée à l’agresser sexuellement a dû faire usage de la force. Face à la résistance de son vis-à-vis, l’agresseur a sorti une arme blanche et l’a poignardée gravement. Elle s’en est sortie la main tranchée et poignardée au niveau du thorax évitant le cœur de 3 cm. C’est cela qui explique son admission d’urgence au bloc opératoire durant toute la journée d’avant-hier. C’est ce qui explique la tenue de ce sit-in’’.

 

‘’La sage-femme Gnima Sagna a entendu quelqu’un toquer à la porte et est allée ouvrir, malheureusement …’’

 

Pour dire vrai, poursuit-elle, ‘’les éléments qui font office d’agents de sécurité dans nos services ne le sont pas véritablement. Ils ne sont pas qualifiés en la matière. Ce que nous réclamons, c’est que l’État et les collectivités locales prennent leurs responsabilités et renforcent notre sécurité. Que les sages-femmes communautaires soient recrutées dans la fonction publique. Certaines d’entre nous sont diplômées depuis plus de 10 ans, et ne sont pas encore recrutées alors qu’elles occupent des responsabilités’’, a pesté la présidente de l’Association des sages-femmes du district sanitaire de Joal-Fadiouth.

 

Babacar Dioufson collègue, a lui aussi haussé le ton pour déplorer le calvaire des personnels de santé dans ledit districtResponsable syndical de la sous-section Sutsas de Joal-Fadiouth, il a légitimé l’acte posé par ses camarades par une volonté de marquer leur indignation par rapport à la violence qui est perpétré au sein des structures de santé. ‘’Nous disons non à toute forme de violence faite aux personnels de santé dans l’exercice de leurs fonctions. Aujourd’hui, nous sommes meurtris, esseulés par ce qui s’est passé à Fadial et dont a été victime une sage-femme qui a pour mission de sauver des vies, qu’on a trouvé en service de garde vers les coups de 4 h du matin et qu’on a tenté de violer. Elle a été évacuée en service d’urgence, puis transférée à la chirurgie. Elle est actuellement en soins intensifs à l’Eps (Établissement public de santé) de Mbour’’, a pesté le syndicaliste.

 

‘’Le personnel soignant est très souvent victime d’agressions verbales et/ou physiques’’

 

Réagissant au micro de Dakaractu, le patron du Sutsas local a sonné l’alerte sur une insécurité qui, à ses yeux, ne cesse de gagner du terrain au sein des structures de santé. ‘’Chaque jour nous sentons, au niveau des différentes structures de santé, des agressions dont sont victimes des personnels de santé. Maintenant nous exigeons des autorités publiques que la sécurité soit renforcée au niveau des structures de santé. Et ce, en mettant à notre disposition des agents de sécurité qualifiés pour renforcer la sécurité au sein de nos lieux de travail. À défaut, que des Asp (Agents de sécurité de proximité) puissent au moins nous appuyer dans nos lieux de travail, pour mieux servir les populations’’.

 

Une réclamation qu’il dit faire parce ses collègues et lui estiment que ‘’le personnel de santé n’est pas assez protégé. Nous interpellons les autorités à mieux nous sécuriser en matière de sécurité et de recrutement. Ce n’est pas une première. J’avoue qu’au sein même du centre de santé qui se trouve dans la commune de Joal, le personnel soignant est très souvent victime de ces agressions verbales et/ou physiques. Heureusement, c’est au niveau de cette structure de santé que nous avons des autorités compétentes parce que nous avons contractualisé avec une agence de sécurité. Ceci doit être fait dans toutes les structures de santé’’.

 

Le syndicaliste Babacar Diouf dit être soulagé par les actions de soutien de ses camarades venus des sections départementales et régionales.

Jeudi 24 Juin 2021
Dakaractu



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