Le vol : une tentative mal ficelée
Tout commence lorsqu’O. Diop subtilise trois chèvres appartenant à R. Bâ, une éleveuse de la localité. Son objectif : les revendre rapidement pour obtenir les fonds nécessaires à l’hospitalisation de sa femme. Il approche donc C. Mbaye, un boucher, pour une éventuelle transaction. Mais la situation va lui échapper.
Alors qu’il tente de finaliser la vente, les bêlements des chèvres attirent l’attention de R. Bâ, qui passait non loin du lieu de la transaction. La femme reconnaît immédiatement ses bêtes. Au lieu d’alerter les autorités, elle décide de piéger le voleur en se faisant passer pour une cliente. O. Diop lui propose un prix de 50 000 FCFA par tête, ignorant qu’il s’agit de la propriétaire.
Une fois l’accord conclu, R. Bâ appelle son frère, qui alerte la gendarmerie. O. Diop est aussitôt interpellé, puis placé sous mandat de dépôt à Thiès.
Devant le tribunal : un aveu poignant, une sanction sévère
Au Tribunal des flagrants délits de Thiès, O. Diop ne cherche pas à nier. Il confesse son geste avec émotion :
— « Ma femme devait accoucher, je n’avais pas un sou. Elle et le bébé étaient en danger. J’ai agi dans la panique… »
Un plaidoyer sincère, mais qui ne suffit pas à attendrir le ministère public. Le procureur requiert l’application stricte de la loi.
La plaignante, quant à elle, enfonce le clou en expliquant que ce n’était pas la première fois qu’elle était victime de vol de bétail, et qu’elle a failli se faire déposséder sans le cri providentiel de ses chèvres.
Le tribunal déclare O. Diop coupable de vol et le condamne à deux ans de prison ferme.