Célébrée partout dans le monde, la fête du Mawlid an-naby ou Naissance du Prophète est tenue le 12 rabîʿ al awal (le troisième mois du calendrier musulman). Même si elle est absente des textes canoniques, car ne se fondant ni dans le Coran ni dans la Sunna, cette tradition prophétique ou l’anniversaire de Mohamed (PSL), n’a jamais été célébrée de son époque, ni par ses compagnons, ni par les musulmans des premiers siècles.
Néanmoins cette pratique a engendré de nombreuses controverses et continue encore de susciter des divergences au sein des savants musulmans. Pour les opposants, elle relève d’une bidʿa, (innovation blâmable, qui intègre des pratiques polythéistes comme l’imploration du secours du Prophète mais aussi des pratiques réprouvées comme le chant dans les cérémonies qui accompagnent la fête).
Toutefois, ses adorateurs quant à eux conçoivent que Mohamed (PSL) mérite bien que l'on se souvienne de lui, de ses qualités à travers des récitals de Coran.
Cette année, comme les précédentes, le Mawlid a été célébré dans la sobriété pour certains, et pour d'autres, avec faste malgré la pandémie toujours présente.
À Tivaouane, Kaolack, Nguéniène et dans d'autres localités de Dakar, la nuit commémorant la naissance du prophète n'est point comparable à une autre.
Pour la deuxième édition consécutive, Tivaouane n'a pas accueilli de monde pour la célébration du Maouloud (Naissance du Prophète Mohamed PSL). Devant l’impossibilité de mettre à la disposition des fidèles le matériel sanitaire adéquat dans un court délai, et de pouvoir faire respecter les mesures barrières à Tivaouane face à un virus qui progresse toujours, le Khalife général des Tidianes avait décidé de ne pas pas célébrer le Gamou dans sa forme habituelle.
Cependant, il a appelé les fidèles à le faire en toute sobriété. Cela ne l'a pas empêché de s'adresser aux fidèles sur certains faits de société et aussi aux dirigeants. D'ailleurs, nous l'avons remarqué dans son discours quand il donnait sa position sur l'avortement médicalisé qui a été un sujet très secoué ces derniers jours et qui a également vu certains mouvements féministes le cautionner. Le khalife des Tidianes sera clairement en déphasage avec cette thèse.
Le khalife Général des Tidianes a également mis l'accent sur le comportement des autorités face aux préoccupations des populations. "Le pouvoir appartient au Tout Puissant. C'est lui qui le confie à qui il veut. Il l'a confié au président Macky Sall, tout le monde doit l'accepter", a soutenu le guide de la famille d'El Hadj Malick Sy qui, dans la même perspective, invite le gouvernement à combattre la violence sous toutes ses formes.
Dans la capitale sénégalaise, à Massalikul Jinaan et d'autres foyers religieux, on a aussi célébré cette nuit commémorative qui a été globalement riche en enseignements, en recommandations, en rappel de l'appropriation des valeurs qui forgent l'humain dans son essence. Une nuit qui a tout aussi inspiré les guides religieux adorateurs du prophète et de tous bords, d'inviter les acteurs politiques et dirigeants à huiler leurs relations pour l'intérêt collectif.