Mauritanie: l'ex-président Aziz, incarcéré, opéré avec succès


L'ancien président mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz, en détention préventive depuis juin dans une affaire de corruption présumée, a subi samedi soir une opération de cathétérisme cardiaque « réussie » à l'hôpital national de cardiologie de Nouakchott selon l’Agence France-Presse.  Le cathétérisme cardiaque permet d'élargir les veines aux fins d'améliorer la circulation du sang dans le corps du patient. M. Aziz, 65 ans, avait été admis à l’hôpital militaire jeudi pour des « soins intensifs » après un malaise marqué notamment par des saignements du nez, avait indiqué un de ses avocats Me Mohameden Ould Icheddou.
 
« L'opération a été menée avec succès, avec l'accord sans hésitation de M. Aziz et après en avoir informé sa famille », précise le communiqué de l'hôpital national de cardiologie signé de son directeur qui est également le médecin personnel de l'ex-président.
La Cour d'appel de Nouakchott avait une nouvelle fois rejeté début novembre une demande de remise en liberté provisoire de l'ex-dirigeant mauritanien. Dans un communiqué publié mercredi soir, sa famille avait dit « craindre sa liquidation physique » par le régime qui a « échoué dans ses tentatives de le liquider politiquement ».
L’ex-chef de la Mauritanie a été inculpé en mars de corruption, blanchiment d’argent, enrichissement illicite, dilapidation de biens publics, octroi d’avantages indus et obstruction au déroulement de la justice. Il a été placé en détention en juin dans une prison de Nouakchott pour non-respect des mesures de son contrôle judiciaire et trouble à l’ordre public.
La justice avait été saisie en août 2020 du rapport d'une commission d'enquête parlementaire chargée de faire la lumière sur des faits présumés de corruption et de détournement de fonds publics pendant les plus de dix années de pouvoir de M. Aziz.
La commission s'est penchée sur plusieurs dossiers: gestion des revenus pétroliers, vente de domaines de l'Etat, liquidation d'une société publique assurant l'approvisionnement du pays en denrées alimentaires ou activités d'une société chinoise de pêche.
L'ex-président, qui crie au « règlement de comptes », a toujours refusé de parler au juge d'instruction. Il s'estime protéger par l'immunité que lui confère, selon lui, la Constitution.
Dimanche 2 Janvier 2022
Dakar actu




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