C'est une nouvelle étape franchie dans plusieurs procès distincts en lien avec le « Massacre de Shakahola », une affaire qui a fait scandale en 2023 au Kenya : ce lundi à Mombasa, Paul Mackenzie, gourou de la secte dénommée Église internationale de la bonne nouvelle, et ses 29 co-accusés ont été reconnus coupables pour la mort de 191 personnes : 190 enfants et un adulte.
Ses co-accusés, des fidèles, étaient poursuivis pour avoir laissé mourir de faim leurs enfants. Le pasteur avait ordonné qu'ils soient les premiers à partir, avec les femmes. Après cette reconnaissance de culpabilité, le verdict est attendu pour le 6 novembre 2026.
Tout l'enjeu de l'affaire était de prouver que ces mineurs étaient bien les victimes d'actes de meurtre poussés par l'endoctrinement de Paul Mackenzie, souligne notre envoyée spéciale, Gaëlle Laleix.
« À Shakahola, l’ordre naturel a été renversé »
« À Shakahola, l’ordre naturel a été renversé : les parents qui doivent protéger leurs enfants sont devenus ceux qui les menacent », a déclaré ce lundi la juge Diana Kavedza. Il ne fait aucun doute, pour elle, que la majorité des victimes sont mortes de faim. Certaines ont aussi été étranglées ou étouffées.
En 2023, des fosses communes avaient été découvertes, dans une forêt, de la région de Kilifi, sur la côte kényane. Selon des organisations de la société civile, plus de 500 corps y ont été exhumés, majoritairement des femmes et des enfants.
Le principal accusé prêchait un jeûne extrême pour rejoindre Jésus. Paul Mackenzie fait face à des accusations supplémentaires pour tortures sur enfants, homicide involontaire et terrorisme, dans des procédures séparées.
C’est la plus importante affaire judiciaire que le Kenya ait connue depuis son indépendance.