Mars 2020 : L’effet d’annonce budgétaire et au-delà ….


Mars 2020 : L’effet d’annonce budgétaire et au-delà ….

Il n’y a pas fait inédit au Sénégal en effet Senghor eut son Mai 68, Diouf eut son été 1988, Wade eut son 23 Juin 2011 et  aujourd’hui nous sortons d’une crise similaire qui a secoué la république et mis les plus hautes autorités sur la défensive. Tout Napoléon aura son Waterloo ainsi et la vie. Les peuples se rappellent  au bon souvenir de leurs dirigeants en leur rappelant la vraie et l' unique de leur source de légitimité.

 

L’actuel président mérite la considération du reste écouter et entendre les voix de son peuple n'est pas faiblesse au demeurant des voix parmi ses plus proches  lui disaient d’agir dans la fermeté, le PR Macky SALL préféra l’apaisement. Les médiateurs sociaux et religieux sont passés par là.

 

C’est la trajectoire des nations elle n’est pas point linéaire ; la révolution française ; la révolution américaine ; les printemps  arabes etc.. c’est des secousses ; tourbillons et tempêtes forts qui traversent les civilisations et rappellent ce besoin impérieux de remise en cause et remise en questions. Les nations qui ont su en tirer les bonnes leçons en sortent fortifiées et ragaillardies pour l’avenir. 

Le Sénégal ne doit pas faire moins ; déjà un  dividende est déjà encaissé en guise de rappel sur les mandats qui ont des limites et les sénégalais ont montré qu’ils sont dorénavant  le gardien de leur constitution surtout en ce qui concerne la limitation des mandats. Le chef de l’opposition de fait l’a rappelé  et le chef de la majorité semble déjà préparé  sa famille politique et les bonnes oreilles qui entendent : c’est une barque dans laquelle nous sommes aujourd’hui et  demain ce seront d’autres qui seront  sur la même barque dixit le Pr.

 

Les hommes et les régimes passent  c’est le marqueur de toute démocratie.

A travers son discours, le chef de la majorité et président de la république s’est voulu rassurant du moins sur les causes socio-économique de ce qu’on peut de  la secousse politique que notre pays a vécu . Et ses  propositions sont les bienvenues. La démographie du Sénégal sera sans répit pour ce régime et pour celui qui lui succédera,  ils auront tous en face d’eux une demande sociale forte et urgente portée par une population dont 60% n’a pas 35 ans. Les mutations économiques mondiales et nos économies désarticulées, l’assèchement des sources de financement bilatéral ; une dette pesante ; une administration rétive aux réformes, un calendrier électoral omniprésent, une clientèle politique gourmande et inerte ne faciliteront pas les choses à tout régime pas moins  celui en charge présentement que  celui qui lui succédera.

 

Bien entendu notre vivier de capital humain ; la relative paix et stabilité du Sénégal et sa  position géographique de choix ; la cohésion nationale et la perspective du pétrole et gaz sont des atouts sérieux tels des avantages comparatifs qui permettent de relever tous les défis si le leadership politique insuffle et infuse la bonne vision.

 

Sous ce rapport les annonces du président de la république sont à saluer en effet il faut doper et muscler les programmes destinés aux jeunes. Les 350 milliards qui seront mobilisés   sur trois ans couplés à une gouvernance adéquate et surtout des mécanismes  de gestion éprouvés peuvent être un début de solution.

 

Ne soyons pas amnésiques le régime en place a beaucoup fait dans l’énergie et la stabilité des prix des denrées il faut le reconnaître.  

Au-delà le Président de la République doit oser secouer le cocotier et supprimer des institutions telles que le Conseil Eco Social et Env. et le Haut Conseil des Collectivités Territoriales  c’est une bagatelle de 17 milliards en qui peut aller rallonger le budget de la DER ou relancer le projet des Domaines agricoles Communautaires. La clientèle politique a assez profité des largesses de l’actuel chef de la majorité donc il est grand temps que les masses soient mieux et plus servies . C' est vrai il y a  la CMU et les bourses familiales. Mais cette clientèle qui  veut toujours plus a fait le lit du discours anti-système de l’actuel chef de fil de l’opposition ; et cette même clientèle politique notamment autour de BBY n'a pas  pu constituer une digue de protection  dans les rues et quartiers contre les jeunes manifestants qui ont secoué  le pays.

Dans le même ordre d’idées et pour rationaliser nos ressources en temps de pandémie et de récession mondiale le Président peut revisiter sa vieille promesse  de campagne d’un gouvernement de 25 membres qu’ il avait promis durant la campagne de 2012 ainsi ce serait d' énormes économies budgétaires à réaliser. Ce faisant, il peut faire revenir le poste de Premier Ministre pour la coordination et l’accélération de l’action gouvernementale avec un  jeune issu de la technostructure qui peut finir ses chantiers et méga- projets du président. Nous aurons ainsi un Chef d'État qui prendra un peu de recul. Il doit même penser à un ancien général pour le ministre de l’intérieur pour donner plus de gage et de bonne foi.

 

Sur le plan politique, il est urgent de fluidifier la compétition politique dans l'opposition comme dans la majorité. Il est inconcevable de verrouiller le jeu politique autour d'une dualité.  Ainsi Karim Wade et Khalifa Sall doivent bénéficier d’une amnistie et tenter leur chance. Dans la  majorité, la coalition BBY est à bout de souffle il n est plus efficace ni opérant il est temps  pour le chef de la majorité  de réhabiliter ses compagnons de  première de  afin que ceux-ci constituent la carapace dont il a besoin durant ces moments de secousse et leur permettre en même temps  aussi de se préparer pour les présidentielles de 2024. La majorité doit veiller à pérenniser son legs donc  il faut ouvrir et élargir le champ politique avec des pôles  multiples.

 

A bon entendeur… patriotiquement.

 

                                                                                 Moustapha Diakhaté

Citoyen 

Ex Conseiller Spécial PM

Lundi 15 Mars 2021
Dakaractu




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