La présentation du programme du pour le quinquennat à venir, lundi 19 octobre, était un passage obligé avant le vote de confiance à la Chambre des représentants, qui s'annonce comme une simple formalité pour l'exécutif avec sa majorité confortable, explique notre correspondant à Casablanca, Matthias Raynal. Pour autant, le gouvernement de Fatima Ezzahra El Mansouri dispose d'une marge de manœuvre limitée, dans un contexte marqué par une abstention record lors des législatives (62%) et des attentes très fortes de la part de la population. L'allocution de la cheffe du gouvernement était donc un moment attendu.
Le pouvoir d'achat et les retraites seront des axes majeurs de la politique menée par Fatima Ezzahra El Mansouri au Maroc. La Première ministre entend prendre des mesures fortes durant son mandat, telles que le relèvement progressif du minimum des pensions de retraite à 3 000 dirhams (soit 273 euros par mois), l'encadrement des prix pour des produits de première nécessité, ou encore l'augmentation significative, dans les cinq ans, de l'aide sociale directe. « Nous la reciblerons sur la base des revenus réels, et porterons son montant de 50 à 100 euros d'ici la fin du mandat du gouvernement », a-t-elle précisé.
Fatima Ezzahra El Mansouri prône une politique économique ambitieuse avec des objectifs concrets, à savoir une croissance annuelle de 5% dès 2027 et une inflation ne dépassant pas les 2%. « Les fruits du développement n'ont pas bénéficié de la même manière à toute la population et à tous les territoires », a déclaré la première femme nommée cheffe du gouvernement dans le royaume. Pour contenir l'augmentation du coût de la vie, elle a aussi annoncé la réorganisation des circuits de commercialisation pour la viande et le poisson, afin de limiter la multiplication des intermédiaires
Autres chapitres majeurs de la feuille de route de la nouvelle cheffe du gouvernement marocain : la préservation de l'identité nationale, avec la mise en œuvre de la réforme du Code de la famille, et la consolidation de l'État de droit, avec le rétablissement de la confiance entre la population et les institutions politiques.
Un peu plus d'un an après le mouvement de la GEN-Z, la cheffe du gouvernement a voulu rassurer la jeunesse, au sein de laquelle le taux de chômage est très élevé. Fatima Ezzahra El Mansouri entend mettre en place rapidement un programme d'accompagnement ciblé, à savoir la formation de 100 000 jeunes, dès l'année prochaine, et l'orientation vers une première expérience professionnelle. Une réforme de l'Éducation a également été mise sur la table pour que 80% des élèves marocains maîtrisent les savoirs fondamentaux, d'ici à 2031.
Concernant le Sahara occidental, Fatima Ezzahra El Mansouri assure que le dossier demeure « au premier rang des causes nationales » et assure que le gouvernement continuera de mobiliser des soutiens en faveur du plan d'autonomie marocain. Enfin, la Première ministre a fixé une priorité : la lutte contre la corruption, véritable serpent de mer de la politique marocaine. « Nous croyons que les institutions ne retrouveront pas la confiance sans lutte réelle contre la corruption et les conflits d'intérêts », a-t-elle martelé, avant d'annoncer son intention de criminaliser l'enrichissement illicite.