Nommée ministre de la Famille, de l’Action sociale et des Solidarités dans le gouvernement formé sous la houlette du Premier ministre Al Aminou Lô, Marie-Angélique Mame Selbé Diouf a pris officiellement les rênes du département ce lundi, lors d’une cérémonie de passation de service avec sa prédécesseure, Maïmouna Dieye. Dans un discours dense et résolu, la nouvelle ministre a décliné sa vision, ses priorités et sa méthode.
D’abord, Marie-Angélique Mame Selbé Diouf a posé le cadre idéologique de son action. Pour elle, les politiques sociales ne sont ni une dépense ni une offrande, mais un investissement stratégique en faveur du capital humain. « La solidarité nationale et l’action sociale ne sont pas une offrande : c’est un droit constitutionnel », a-t-elle martelé, annonçant une rupture franche avec la logique de l’assistanat au profit d’une vision orientée vers le développement durable et l’équité territoriale.
S’appuyant sur les grands référentiels de l’action gouvernementale notamment l’Agenda national de transformation Sénégal 2050, le Masterplan 2025-2034 et la Stratégie nationale de développement 2025-2029, elle a réaffirmé que le but ultime demeure la construction d’un Sénégal souverain, juste et prospère.
Les femmes au cœur du projet
La nouvelle ministre a réservé une large part de son allocution aux femmes sénégalaises, qu’elle a interpellées dans toute leur diversité géographique et sociale, des rives du fleuve au pays Bassari, de Kédougou au Cayor. « Votre autonomie n’est pas une option politique. Votre autonomie n’est pas une dépense sociale. Votre autonomie est un investissement pour l’avenir », a-t-elle lancé avec conviction.
Elle a annoncé son intention de travailler à l’accès des femmes à la finance durable pour renforcer leur contribution à la souveraineté alimentaire, et a appelé les femmes de la diaspora à jouer un rôle actif dans l’investissement productif au Sénégal. Sur les questions de violences basées sur le genre et de mutilations génitales féminines, elle a appelé à une mobilisation collective, insistant sur la prévention et l’implication des autorités locales et coutumières.
Transparence, équité et résultats concrets
Forte de son expérience d’ancienne députée et de son rôle de contrôle de l’action gouvernementale, Marie-Angélique Mame Selbé Diouf a tenu à rassurer sur sa gestion des ressources publiques. « Chaque programme, chaque projet, chaque ligne budgétaire sera mobilisé dans le but d’avoir un réel impact dans la vie des citoyens », a-t-elle promis, ajoutant que les financements seront accessibles « avec équité et transparence ».
Elle a également annoncé qu’elle entamerait dès le lendemain la visite des services de son département, dans une démarche d’écoute et de co-construction avec ses collaborateurs, au niveau central comme au niveau déconcentré.
Un hommage appuyé à sa prédécesseure
Avant de décliner ses ambitions, la nouvelle ministre a tenu à saluer chaleureusement le bilan de Maïmouna Dieye, saluant « l’immense travail accompli durant ces vingt-six derniers mois » en faveur des familles, des femmes, des enfants et des personnes vulnérables. Une passation empreinte de sororité, symbolisée, selon le maître de cérémonie, par une poignée de main qui « se passe de commentaire ».