Jean-Claude Kassi Brou, à l’issue de la réunion du Comité de Politique Monétaire (CPM) tenue ce mercredi, a dressé un bilan positif de la situation financière et monétaire de l’Union, tout en appelant les banques à la vigilance.
Le Gouverneur de la BCEAO a balayé d'un revers de main toute ambiguïté sur l’état du marché : la liquidité dans la zone UEMOA est non seulement présente, mais abondante. « Le marché financier, le marché monétaire de l’Union est liquide », a-t-il affirmé, citant comme preuve tangible les sursouscriptions répétées enregistrées lors des émissions de bons du Trésor et d’obligations. Selon lui, ce phénomène est révélateur : « Pour qu’il y ait sursouscription, il faut qu’il y ait vraiment de la liquidité. »
Cette abondance de ressources se reflète également dans les taux d’intérêt pratiqués sur les marchés obligataires et sur le marché des bons. Les banques, a-t-il précisé, disposent d’un niveau de ressources qu’il a qualifié de « très très très confortable actuellement ».
Sur le plan du financement de l’économie réelle, le Gouverneur a annoncé une hausse du crédit à l’économie de « un peu plus de 4 % » au premier trimestre 2026, une dynamique qu’il anticipe en progression continue. « On pense que ça devrait être plus élevé, on pense que ça va continuer à augmenter », a-t-il déclaré, saluant un signal positif pour la croissance de la zone.
Le tableau brossé par Jean Claude Kassi Brou sur la solidité du secteur bancaire est globalement rassurant. Le taux de solvabilité des établissements de crédit se situe au-dessus des normes requises. Mais le Gouverneur a tenu à tempérer cet optimisme par un appel à la prudence. « Les banques doivent continuer à être attentives, essentiellement au taux de dégradation de leur portefeuille et à la qualité de leurs emplois, de leurs prêts », a-t-il insisté, ajoutant que la solidité des fonds propres demeure un impératif.
Jean Claude Kassi Brou est revenu sur la décision prise en 2023 par le Conseil des ministres de l’UEMOA de relever le capital minimum des banques de 10 à 20 milliards de FCFA, avec une période de transition de trois ans prenant fin en décembre 2026. À ce stade, la large majorité des établissements a déjà pris les dispositions nécessaires. Une vingtaine de banques accuse cependant du retard. « Nous sommes très évidemment attentifs. Nous suivons ça avec ces banques pour faire en sorte que d’ici le 31 décembre 2026, toutes les banques soient en ligne avec cette réglementation », a-t-il précisé. Il a par ailleurs rappelé que pour toute nouvelle demande de création de banque, le seuil de 20 milliards est d’ores et déjà la norme en vigueur.