Le mauvais traitement dont ont fait l’objet des journalistes, lors de la couverture de la manifestation de populations, le vendredi dernier contre la hausse des prix de l’électricité, a suscité une plainte du Synpics (Syndicat des professionnels de l’information et de la communication sociale du Sénégal). Une plainte adressée au ministre de l’Intérieur et signée par Bamba Kassé, Secrétaire général national dudit syndicat pour protester contre la violation de la liberté de la presse.
‘’Nous avons été ulcérés d'entendre un commandant de la Police nationale du Sénégal donner l'ordre de "mater les journalistes" à la Place de l'Indépendance. Il s'agit là d'une violence grave et sans précédent par un officier de police de la liberté d’informer. Le seul tort de nos confrères a été de vouloir donner corps à un principe constitutionnel, celui du droit des citoyens à disposer d'une information plurielle’’, a précisé M. Kassé à Aly Ngouille Ndiaye.
Dans sa correspondance dont Dakaractu a une copie, le secrétaire général national du Synpics a relevé cette situation dénoncée par les journalistes. ‘’C'est avec beaucoup de consternation et de peine que nous avons assisté vendredi 21 décembre 2019 à l'interpellation des journalistes couvrant la manifestation du mouvement " Nio Lank Nio Bagn" contre la hausse du prix de l'électricité. Consternation et peine que de pareils écarts se produisent au Sénégal, notre pays qui a fait d'énormes progrès dans le domaine de la liberté de presse au point d'avoir été classé à la 49ème place de Reporters Sans Frontières dans le rapport 2019. Au-delà de ce classement, voir le Sénégal, pays référence en matière de libertés démocratiques renouer avec telles dérives ne nous grandit pas’’.
Aussi, a-t-il tenu, à travers la plainte, à interpeller l'autorité publique qu’Aly Ngouille Ndiaye incarne ‘’sur cette violence gratuite que rien, même les contraintes liées au maintien de l'ordre, ne saurait justifier. En conséquence, nous vous prions de bien vouloir restituer au commandement des forces de maintien de l’ordre tout le sens de ce devoir régalien de l’Etat, qui ne doit en aucun cas empêcher un journaliste d’accomplir son devoir’’.