Mandat, millions et dénégations : les deux heures qui ont scellé le face-à-face de Moustapha Diop avec la justice


Placé au cœur d’un tourbillon judiciaire mêlant soupçons financiers, rivalités politiques et batailles procédurales, Moustapha Diop a été longuement entendu au fond, hier, dans le cadre de l’affaire dite Tabaski Ngom. Selon L’Observateur, cette audition décisive, tenue dans les locaux du Pool judiciaire financier, a duré près de deux heures et s’est focalisée sur un point central : les 300 millions de FCFA au cœur des accusations.
 
Un mandat de dépôt lourd de chefs d’accusation
 
Le député-maire de Louga, ancien ministre du Développement industriel et des PME, est poursuivi pour association de malfaiteurs, escroquerie portant sur des deniers publics et blanchiment de capitaux. Des infractions graves qui s’inscrivent dans un dossier plus vaste, déjà alourdi par un autre mandat de dépôt lié à l’affaire du fonds Force-Covid-19. Pour L’Observateur, cette superposition de procédures place l’élu dans une situation judiciaire « complexe et étouffante ».
 
Face aux juges, une ligne de défense sans trembler
 
Extrait de prison dans la matinée, Moustapha Diop s’est présenté devant deux juges d’instruction, en présence du parquet financier adjoint. D’après des sources proches du dossier citées par L’Observateur, l’audition a tourné quasi exclusivement autour des flux financiers incriminés.
La posture de la défense est restée constante : démenti total. « Il a répondu à toutes les questions », confie un de ses avocats. L’ancien ministre a rejeté en bloc les accusations portées par Tabaski Ngom, qualifiant ses déclarations de « délire » et contestant l’authenticité de la décharge produite à charge. « Aucune preuve », a-t-il martelé, sans varier d’un iota tout au long des échanges.
 
Une liberté provisoire en ligne de mire
 
À l’issue de l’audition, les conseils de Moustapha Diop ont annoncé le dépôt imminent d’une demande de levée du mandat de dépôt et de mise en liberté provisoire. Une stratégie procédurale assumée, même si l’autre mandat lié au Force-Covid plane toujours. « Étape par étape, dossier par dossier », résume un avocat, cité par L’Observateur, conscient que la bataille sera longue.
 
Les ramifications d’un dossier tentaculaire
 
Dans cette affaire, Tabaski Ngom est elle-même poursuivie pour détournement de deniers publics et blanchiment de capitaux estimés à près de 700 millions de FCFA au sein de l’Agence d’aménagement et de promotion des sites industriels. Elle affirme avoir agi sous l’influence de l’ex-ministre, soutenant qu’une partie des fonds aurait servi à financer sa campagne lors des Législatives de novembre 2024 — des accusations vigoureusement rejetées par l’intéressé, y compris lors de la levée de son immunité parlementaire en mars 2025.
 
Le dossier n’épargne pas d’autres acteurs. Mor Gueye est en détention après le passage de fonds sur les comptes de ses sociétés. Djim Momath Ba, ancien directeur général de l’Aprosi, a consigné 90 millions de FCFA pour éviter la prison, tout en niant toute implication.
Vendredi 27 Février 2026
Dakaractu