Mali: libération de deux ex-paramilitaires du groupe Wagner détenus par des jihadistes et des rebelles touaregs


Détenus dans le nord du Mali, les deux hommes avaient été faits prisonniers lors des combats de Tinzaouatène, près de la frontière algérienne, en juillet 2024. Immédiatement après leur libération obtenue « grâce à l'implication de pays amis avec les juntes sahéliennes », selon une source sécuritaire malienne citée par l'AFP, ces derniers ont été conduits en Libye. 

Deux ex-combattants de l'ancien groupe paramilitaire russe Wagner capturés il y a deux ans dans le nord du Mali lors de combats contre des rebelles touareg alliés à des jihadistes ont été libérés jeudi 20 août, a appris samedi l'AFP de sources sécuritaires et diplomatiques. De son côté, Africa Corps, la structure contrôlée par le gouvernement russe qui a succédé à Wagner, a confirmé vendredi 21 août la libération « de ressortissants russes détenus » depuis le 27 juillet 2024 par une « coalition terroriste FLA et Jnim [acronymes respectifs du Front de libération de l'Azawad et du Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans, NDLR] ».

Les premières images des deux ex-prisonniers montrent des hommes amaigris, l’un arborant une petite moustache, l’autre un visage mangé par une barbe.

Toujours selon l'AFP, les deux hommes remis en liberté ont pris la route « dès jeudi pour la Libye où ils sont désormais arrivés ». Ces derniers y ont notamment transité par Benghazi, le fief du maréchal Haftar dont l'un des fils, Saddam, a ses entrées dans les rangs des rebelles indépendantistes touareg. Commandant en chef adjoint de l'armée locale, c'est lui qui a mené les négociations décisives pour la libération des mercenaires russes. 

 

Africa Corps lui en est d'ailleurs reconnaissante, puisque l'organisation le cite nommément parmi les différents acteurs qui ont oeuvré à ce dénouement heureux, l'attribuant « aux efforts et aux actions efficaces » de l'état-major des armées russes, mais aussi à « l'appui actif du commandant en chef adjoint de l'Armée nationale libyenne, Saddam Haftar ». Coïncidence ou pas, celui-ci a été reçu à Moscou par le président Vladimir Poutine la veille de la libération des deux paramilitaires russes, mercredi 19 août.

 

Cette issue a également été obtenue « grâce à l'implication de pays amis avec les juntes sahéliennes » et à divers cycles de négociations organisés en Libye « ces trois derniers mois » entre le FLA et la partie russe, Alger suivant « l'ensemble du processus » précisent encore deux sources à l'AFP. De sources concordantes, on sait qu’il y a eu au moins une forte contrepartie financière, affirme de son côté le correspondant de RFI dans la région, Serge Daniel.

Détenus dans le nord du Mali, les paramilitaires russes avaient été faits prisonniers en juillet 2024 lors des combats de Tinzaouatène, près de la frontière algérienne. Face aux djihadistes du Jnim et du FLA, l'armée malienne et ses alliés de Wagner avaient alors subi un revers tel que celle-ci avait concédé « un nombre important de pertes en vies humaines et matérielles », sans toutefois donner de bilan précis ni mentionner les soldats enlevés.
 

Dimanche 23 Aout 2026
RFI