Le Jnim contrôle Kirnya depuis six ans, rappelle Human Rights Watch. Et ce jour-là, une centaine de jihadistes étaient bien présents dans le village, « dont un haut commandant », selon les informations recoupées par l’ONG auprès d’habitants témoins directs des frappes, mais aussi de militaires maliens, de membres de la société civile ou de leaders communautaires.
Soukhoï Su-24
Le problème, c’est que les frappes « indiscriminées » effectuées par un avion Soukhoï Su-24 un jour de marché, « lorsque Kirnya était bondée de commerçants, d’acheteurs et de villageois », précise Human Rights Watch, n’ont fait que des victimes civiles.
Selon l’enquête menée par l’ONG de défense des droits humains, les jihadistes « s’étaient rassemblés principalement à la mosquée du village et devant un magasin près d’un petit marché aux bestiaux. » Or, ce sont les abords de la résidence du chef du village et le marché à bestiaux lui-même qui ont été ciblés. Parmi les victimes, selon Human Rights Watch, aucun jihadiste mais huit civils : trois enfants de moins de dix ans, une femme de 24 ans et quatre hommes.
« Lieu de rassemblement de groupes terroristes »
Le 23 juillet, sur les réseaux sociaux, l’Africa Corps russe, partenaire de l’armée malienne, revendique ces frappes, affirmant avoir ciblé avec succès un « lieu de rassemblement de groupes terroristes » et tué plusieurs chefs. Le ministère russe de la Défense n’a jamais répondu aux sollicitations de Human Rights Watch.
L’ONG de défense des droits humains rappelle que le droit de la guerre « interdit les attaques qui visent des civils », « qui ne font pas de distinction entre les civils et les combattants » ou « qui sont susceptibles de nuire à des civils […] de manière disproportionnée par rapport à tout avantage militaire attendu ».