Mali / Négociations avec les djihadistes : rétropédalage du gouvernement de la transition qui sape sa communication.


Dialoguer avec les groupes terroristes maliens n’est pas à l’ordre du jour, selon le gouvernement de la transition. « À ce jour, aucune organisation nationale ou internationale n’a été mandatée officiellement pour mener une telle activité », précise le communiqué du gouvernement de la transition. 

Le 19 octobre, le site de rfi révélait l’officialisation de ce dialogue avec Iyad Ag Ghali et Amadou Kouffa.

Le ministre du Culte et des Coutumes, Mahamadou Koné confiait au site français que « c’est une demande populaire de la population malienne » antérieure à la transition. Chargé des négociations au Haut conseil islamique du Mali à qui cette mission aurait été confiée, Moufa Haidara expliquait « qu’il s’agira à travers ces discussions à engager avec des responsables des groupes armés un compromis entre Maliens pour que la guerre cesse ».

Dans son communiqué du 21 octobre, le gouvernement malien ne dément pas que « des bonnes volontés se sont manifestées pour mener ces négociations ».

De même, il note « les formulations lors du Dialogue national inclusif et la conférence d’entente nationale, allant dans les sens de négociations entre tous les fils du pays afin de les réconcilier pour la stabilité ».

Cependant, les décideurs maliens tiennent à rappeler que lorsqu’ils jugeront « opportun d’ouvrir des négociations avec des groupes armés de quelque nature que ce soit, le peuple malien sera informé par les canaux appropriés ».

Ce communiqué aux allures de démenti risque de jeter le discrédit sur le gouvernement malien et peut mettre en péril la cohésion en son sein.

Le ministre du Culte et des Coutumes a bel et bien rencontré le HCI le 12 octobre pour une séance d’explications sur les missions de bons offices avec les groupes radicaux. En outre, il a confirmé le mandat donné à l’organisation islamique de mener ces négociations avec les djihadistes maliens, Iyad Ag Ghali et Amadou Kouffa.

Si cette voix officielle est démentie par sa hiérarchie, c’est que le gouvernement de la transition doit revoir sa communication au risque de donner l’impression de tâtonner. Ce qui devrait être son dernier allié alors que le Premier ministre Choguel Maiga multiplie les attaques contre la France qui est…opposée aux discussions avec les djihadistes. Elle vient de le manifester une nouvelle fois en tuant un cadre du Groupe de soutien à l’Islam et aux musulmans dans le Gourma malien.
Vendredi 22 Octobre 2021
Dakaractu



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