Mali : Alioune Tine constate une détérioration de la situation des droits humains.


Du 26 juillet au 5 août, Alioune Tine a séjourné au Mali en sa qualité d’expert indépendant des Nations unies. Lors de ce séjour, Alioune Tine a fait part de ses préoccupations liées à la dégradation des droits humains dans ce pays d’Afrique de l’Ouest en proie à un conflit armé depuis plusieurs années.

Il invite les acteurs à œuvrer pour que la transition arrive jusqu’à son terme et avec succès. « Ces acteurs doivent également redoubler d’efforts pour prévenir toute crise qui pourrait compromettre l’agenda de la transition », préconise l’expert indépendant de l’Onu.

À propos du contexte de sécurité, Alioune Tine constate une « dégradation générale en matière de sécurité » ayant dépassé « le seuil critique, avec la défaillance des institutions de l’État ou leur absence totale dans plusieurs localités… » Cette situation qui semble profiter aux groupes terroristes qui, selon l’expert « continuent de consolider leur présence et leur contrôle dans plusieurs localités au nord et au centre du pays », ainsi que dans les régions du Sud.

« Dans plusieurs localités, ces groupes sont un État dans l’État, exploitent des ressources minières, lèvent les taxes et l’impôt, assurent la sécurité, la justice et les services sociaux de base », poursuit l’expert indépendant.

La situation des droits humains est loin d’être reluisante. D’après le constat fait par l’expert indépendant de l’Onu, elle continue de se détériorer. « Globalement, du 1er au 30 juin 2021, la Minusma a documenté 577 violations des droits de l’Homme et atteintes à ces droits. Ces chiffres représentent une augmentation de 12.03% par rapport au trimestre précédent (1er janvier au 31 mars 2021) au cours duquel la Minusma avait documenté 515 violations des droits de l’homme et atteintes à ces droits », rapporte Alioune Tine.

Ces violations qui se présentent sous plusieurs formes sont, dans certains cas, l’œuvre des forces de défense et de sécurité maliennes. Alioune Tine révèle avoir reçu des informations dans ce sens. Or, « ces violations et surtout leur impunité, sont exploitées par les groupes armés non étatiques ». De l’avis de l’expert, cette impunité dont jouissent les violations des droits de l’Homme de la part des Forces de défense et de sécurité maliennes entame la confiance que devraient placer les populations en elles et pourrait les tenter à l’aventure.

Alioune Tine a également exprimé ses préoccupations quant aux violations imputées aux forces internationales.

Les groupes jihadistes et les groupes armés communautaires dits d’autodéfense ainsi que les groupes armés signataires sont aussi dans le viseur de l’expert qui se dit très préoccupé par les atteintes graves aux droits humains dont ils se sont rendus coupables.

Lors de sa mission au Mali, Alioune Tine n’a pas omis de faire état de sa préoccupation par rapport à l’augmentation des attaques contre les personnes considérées comme « esclaves ». À la date du 19 juillet 2021, 62 personnes avaient été blessées lors de violents affrontements dans la région de Kayes alors que 80 ont dû fuir leur domicile. « Deux fois plus de personnes -pour la plupart des "esclaves par ascendance"- ont été blessées cette année qu’en 2020 », s’inquiète l’expert. Il invite les autorités maliennes « à concrétiser leur engagement de faire progresser le processus visant à criminaliser l’esclavage au Mali… »
Vendredi 6 Août 2021
Dakaractu



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