MBOUR : LE PRÉFET INTERDIT LA VENTE DE CARTES DE PASTEF AU MARCHÉ CENTRAL ET AU QUAI DE PÊCHE


Le bras de fer autour de la mobilisation politique à Mbour prend une nouvelle tournure. Par arrêté en date du 24 juillet 2026, le préfet du département de Mbour, Amadou Diop, a interdit le rassemblement prévu les 26 et 27 juillet, de 11 heures à 18 heures, au marché central et au quai de pêche de Mbour.
L’initiative, portée par Thierno Cissé, Mor Diba et Mamadou Lamine Diaité, devait consister à aller à la rencontre des commerçants, usagers et sympathisants afin de procéder à la vente de cartes d’adhésion au parti Pastef-Les Patriotes.
Pour justifier sa décision, l’autorité administrative invoque notamment un « risque de perturbation de l’ordre public », ainsi que l’insuffisance des moyens nécessaires au maintien de l’ordre.
Une décision qui intervient dans un contexte politique particulièrement sensible, marqué par une volonté affichée de renforcer l’implantation de Pastef sur le terrain et de mobiliser davantage les populations.
Une interdiction qui suscite déjà des interrogations
Si l’administration fonde sa décision sur des impératifs de sécurité et de maintien de l’ordre, cette interdiction risque néanmoins de susciter des interrogations dans les rangs des initiateurs et des militants.
Comment une opération de proximité destinée à vendre des cartes d’adhésion à un parti politique peut-elle être assimilée à un rassemblement présentant un risque de trouble à l’ordre public ? La question ne manquera certainement pas d’alimenter le débat.
Pour les initiateurs, l’objectif était pourtant clair : aller au contact des populations, notamment des commerçants et usagers du marché central et du quai de pêche, afin de renforcer l’adhésion et l’ancrage local du parti.
Le terrain politique ne se ferme pas pour autant
L’interdiction préfectorale concerne les activités prévues sur la voie publique durant les dates et horaires indiqués. Mais elle ne devrait pas empêcher les responsables et volontaires de poursuivre leur travail de proximité dans le respect de la réglementation.
D’ailleurs, les initiateurs semblent déjà déterminés à maintenir leur dynamique de mobilisation. Les visites à domicile et le travail de proximité pourraient désormais prendre le relais de l’opération initialement prévue dans les espaces publics.
À Mbour, cette décision administrative pourrait donc paradoxalement donner une nouvelle impulsion à la mobilisation politique. Car lorsqu’une porte se ferme, les militants peuvent choisir d’en ouvrir plusieurs autres : dans les quartiers, dans les maisons et au cœur même des communautés.
La bataille de l’implantation politique à Mbour ne fait que commencer.
Samedi 25 Juillet 2026
Dakaractu