MALI : Un an après, le chef des forces spéciales françaises revient sur l’opération qui a eu raison du chef d’AQMI.


Il y a un an, jour pour jour, les forces spéciales françaises éliminent au nord du Mali, l’émir d’Al Qaida au Maghreb Islamique. Un succès pour les français qui combattent aux côtés des pays sahéliens les groupes jihadistes.

Après l’opération, l’État-major des armées françaises était revenu sur les différentes étapes et le déroulement. Une année après, c’est le commandant des forces spéciales qui revient, dans un entretien avec France 24 sur cet événement.

Avant tout, il rappelle que l’intervention à proprement dit, n’est que la partie visible de l’Iceberg. « Cette opération a été préparée depuis des mois par une manœuvre complexe, extrêmement complexe, de renseignement, de suivi, de traque, de travail inter-service avec la DRM (Direction du renseignement militaire), avec la DGSE (Direction générale de la Sécurité extérieure), avec nos alliés, notamment les Américains, pour arriver à trouver finalement le chef de l’AQMI au milieu du désert, isolé sur un véhicule », précise le chef des forces spéciales françaises.

« Nous suivions le véhicule depuis un moment. Le jour-j, nous avons ce véhicule en visuel, nous voyons qu’il se rapproche un tout petit peu de la frontière algérienne. Nous décidons de l’intervention », confie le Général de division Eric Vidaud selon qui, l’intervention a été « extrêmement rapide » et « réactive ».

Selon le commandant des forces spéciales, des hélicoptères sont intervenus pour aborder le véhicule de Droukdel à proximité avec l'espérance de le capturer. «En réalité, un combat s’engage et de ce combat, on aura un prisonnier qui s’est rendu. Les autres n’ont pas voulu se rendre et ont fini par décéder », poursuit l’officier français qui loue le caractère « successful » de l’opération même si leur souhait était de mettre la main sur le chef jihadiste.

Droukdel tué, ce qui se met en place, renseigne le Général Vidaud, c’est la récupération, l’analyse du matériel saisi lors de l’opération. « Il y a eu des quantités de documents, d’ordinateurs, de clés USB qui sont encore en cours d’analyse aujourd’hui et qui nous permettent de mieux comprendre le fonctionnement de ces groupes, de cette chaîne hiérarchique pour d’autres arrestations ou neutralisations ».

Ces dernières années, la France a pu mettre hors d'état de nuire plusieurs chefs jihadistes liés à Al Qaïda et qui opéraient dans la bande saharo-sahélienne. Ainsi, le commandant d'Al Mourabitoune et membre fondateur du groupe de soutien à l'Islam et aux musulmans (GSIM); Mouhamed Ould Nouini, Yahya Abou El Hamam, numero deux de cette fédération ont été tués par l'armée française. Le dernier cacique de ce conglomérat d'organisations jihadistes sahéliennes à tomber sous les balles françaises est le marocain Ali Maychou alias Abou Abderahman el Maghrebi.

La ministre des armées avait auparavant annoncé la mort d'Amadou Kouffa dans une opération de l'armée française. Mais le jihadiste Peulh dont le groupe est le plus actif dans le centre du Mali est apparu quelques temps après dans une nouvelle vidéo pour prouver le contraire.

Quant à Iyad Ag Ghali, considéré aujourd'hui comme le plus important chef jihadiste dans l'espace sahélien, il court toujours...
Jeudi 3 Juin 2021
Dakaractu




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