Mbacké, il est 01heure passé de quelques minutes dans ce chef lieu de département. En ce premier jour de l’an 2013, la ville est en fête. Des jeunes de tout âge, filles et garçons ont pris d’assaut les rues. Souvent en galante compagnie, ils ont vraiment le cœur à la fête. « Nous voulons célébrer cette fête de fin d’année et en même temps le Magal de Touba », nous confie, Alioune Seck, un jeune rencontré devant le « Ngalam », une célèbre boite de nuit de la ville. Ce haut lieu de loisirs est subitement devenu, le temps le temps de la Saint Sylvestre, le point de ralliement des fêtards. Des jeux de lumières « complices » sont accrochés à deux arbres. Les décibels de musique et le défilé des jeunes filles, habillés de manière osée, attirent les festoyeurs. L’entrée est fixée à 1500F Cfa. « Nous avons déjà vendu plus 100 tickets », nous révèle le guichetier, un jeune homme d’une trentaine d’années, de teint clair. Interrogé sur l’atmosphère, il nous demande d’acheter un ticket pour constater de visu la belle ambiance dans cette boîte de nuit. Effectivement, notre interlocuteur a vu juste. Le « Ngalam » est dans l’extase. Célébrant le Magal à leur manière, les jeunes s’y défoulent sans souci. Tout le monde danse. Portant une mini-jupe blanche, Ramata, originaire de Thiès, sortie à peine de l’adolescence, est la vedette de la soirée. D’une beauté à damner un barbu et bien dotée par la nature, elle fait le tour du dancing. Dansant un « thiakhagoun » d’enfer, elle est partout disposée à répondre à nos questions. « Je suis venue pour m’amuser, je sais que tous les hommes me regardent, mais je suis une fille respectable… », nous a-t-elle lancé avec une effronterie sans borne.
Du sexe bon marché
Après, le « Ngalam », nous voici au quartier « Route de Kael ». Un défilé incessant de motos « jakarta » et de voitures communément appelées « clando », attirent notre attention. Une maison baignant dans une obscurité totale est le point de ralliement de ces engins. Pour accéder dans cette maison close, tel est le cas, il faut faire la queue. Gare à celui qui voudrait forcer la porte ! Il sera tout bonnement chassé par deux gorilles, aux mines patibulaires, proposés à la sécurité. « Il faut respecter l’ordre, attend ton tour, sinon on viendra te chercher dedans », avertit l’un des cerbères. Il s’adressait à un « vieux client », certainement gêner de faire la queue au milieu de jeunes ayant l’âge de ses petits-fils. À l’entrée de cette maison dénommée « Keur Mame Diarra » (Astaxfirullah), une trentaine de jeunes vendeuses de charme accueille les clients. Le marchandage y est formellement interdit. C’est 2000frs la passe et une chambre non éclairée, dans ce lupanar, et 4000frs, au cas où le client décide d’amener avec lui « sa marchandise », pour une consommation à domicile. Après une petite hésitation, nous interpellons une jeune fille. Démarche lascive, le pagne négligemment noué, laissant apparaitre ses parties intimes, Salimata T., âgée d’une vingtaine d’année, nous apostrophe. « Chéri, que vous voulez-vous ? » Dès lors commence une discussion intense et intéressante, tournant essentiellement au tour de son commerce. En fait, Salimata et ses collègues viennent d’autres villes du Sénégal, pour vendre leur charme à Mbacké. Refusant de nous dire sa ville d’origine, elle a tout simplement fait entendre qu’elle ne se plaint pas, même si ses affaires n’ont pas marché à merveille. Elle n’a récolté que 2000frs cette nuit, sans compter les 250frs par passe qu’elle est contrainte de payer à la propriétaire de la maison. Une autre jeune, ayant trouvé goût à la discussion, se joint à nous. La cigarette aux lèvres, elle nous interrompt : « Sali, ta discussion avec ton client tire en longueur, il ne faut pas avoir confiance à ces gens là, ce sont eux qui nous dénoncent ». Très gêné par cette remarque somme toute pertinente, nous nous sommes retirés sans demander notre reste. Une autre maison close fait face à « Keur Mame Diarra ». Dans ce bordel la sécurité était loin d’être garantie. Par prudence, nous avons observé de loin, le défilé incessant des clients. Selon un conducteur de moto jakarta, approché par nos soins : « cette maison est réputée très dangereuse, car en dehors du sexe, l’alcool y est également vendu ». Autre lieu de débauche : Le « kiosque noir ». Cette maison close fait face à Ruxu bu Sew. Ici c’est le domaine d’une autre race de tapineuses. En effet, les travailleuses du sexe y sont constituées uniquement de jeunes femmes communément appelées « driankés ». Elles ne reçoivent pas n’importe quel client. Et, détestent le tabac et l’alcool. Au nombre d’une dizaine, elles sont également en fête. Dansant au son du « ngoyane », cette belle musique du Saloum, elles s’en donnent à cœur joie, en attendant un client. Dès notre arrivée sur les lieux, nous sommes accueillis par une jeune dame d’une beauté rare. à part ses dents, un peu noircies par la nicotine, tout est parfait chez cette belle de nuit. Physiquement s’entend. Le célèbre poème « Femme noire » du défunt poète Léopold Sédar Senghor, pourrait lui être dédié. Cependant, cette beauté cache mal son insolence : « jeune homme que veux tu ? Le sexe ou la suce ? C’est à 3000frs et pas de marchandage », nous lance-t-elle à la figure. « Et les autres elles demandent combien ? », lui demande-t-on. « Nous demandons le même tarif. D’ailleurs, chaque nuit avant de rentrer, nous partageons équitablement ce que nous gagnons, même si je t’encaisse, je le remettrai à notre marraine. Nous sommes solidaires, nous recevons les VIP, mais des enfants ».
L’alcool coule à flot
À Mbacké, ville ou le vénéré guide a vu le jour, l’alcool coule à flot. Malgré les descentes répétées de la police en cette nuit du Magal, les adeptes de Bacchus, ne se découragent pas. Ils se donnent rendez-vous à « Ruxu bu Sew ». D’après certaines informations, c’est le lieu de prédilection des trafiquants de drogue et autres vendeurs de produits prohibés. Au « Téenu Ndiagou » aussi, les débits de boissons alcoolisées foisonnent. Et par mesure de prudence, nous avons évité le lieu car de loin l’on entendait les cris de joie des ivrognes.
Mbacké ne dort pas
En dehors des maisons de passe et des mini bars, les ruelles ne désemplissent pas. Et les gargotières se frottent les mains. Installés aux abords des routes, ces vendeuses se font vite remarquer par leurs tables et leurs bancs installés pour l’occasion. Dans cette ville, loin des interdits, certains « pèlerins » se défoulent sans gêne, loin du rigorisme de Touba. Les lampadaires éclairent comme en plein jour les grandes artères. Par contre, les ruelles restent sombres et le lieu d’un libertinage sans borne. Dans cette ambiance de dévergondage, certains ne se soucient guère des recommandations du Khalif général des Mourides. Pour dire des prescriptions divines !
Du sexe bon marché
Après, le « Ngalam », nous voici au quartier « Route de Kael ». Un défilé incessant de motos « jakarta » et de voitures communément appelées « clando », attirent notre attention. Une maison baignant dans une obscurité totale est le point de ralliement de ces engins. Pour accéder dans cette maison close, tel est le cas, il faut faire la queue. Gare à celui qui voudrait forcer la porte ! Il sera tout bonnement chassé par deux gorilles, aux mines patibulaires, proposés à la sécurité. « Il faut respecter l’ordre, attend ton tour, sinon on viendra te chercher dedans », avertit l’un des cerbères. Il s’adressait à un « vieux client », certainement gêner de faire la queue au milieu de jeunes ayant l’âge de ses petits-fils. À l’entrée de cette maison dénommée « Keur Mame Diarra » (Astaxfirullah), une trentaine de jeunes vendeuses de charme accueille les clients. Le marchandage y est formellement interdit. C’est 2000frs la passe et une chambre non éclairée, dans ce lupanar, et 4000frs, au cas où le client décide d’amener avec lui « sa marchandise », pour une consommation à domicile. Après une petite hésitation, nous interpellons une jeune fille. Démarche lascive, le pagne négligemment noué, laissant apparaitre ses parties intimes, Salimata T., âgée d’une vingtaine d’année, nous apostrophe. « Chéri, que vous voulez-vous ? » Dès lors commence une discussion intense et intéressante, tournant essentiellement au tour de son commerce. En fait, Salimata et ses collègues viennent d’autres villes du Sénégal, pour vendre leur charme à Mbacké. Refusant de nous dire sa ville d’origine, elle a tout simplement fait entendre qu’elle ne se plaint pas, même si ses affaires n’ont pas marché à merveille. Elle n’a récolté que 2000frs cette nuit, sans compter les 250frs par passe qu’elle est contrainte de payer à la propriétaire de la maison. Une autre jeune, ayant trouvé goût à la discussion, se joint à nous. La cigarette aux lèvres, elle nous interrompt : « Sali, ta discussion avec ton client tire en longueur, il ne faut pas avoir confiance à ces gens là, ce sont eux qui nous dénoncent ». Très gêné par cette remarque somme toute pertinente, nous nous sommes retirés sans demander notre reste. Une autre maison close fait face à « Keur Mame Diarra ». Dans ce bordel la sécurité était loin d’être garantie. Par prudence, nous avons observé de loin, le défilé incessant des clients. Selon un conducteur de moto jakarta, approché par nos soins : « cette maison est réputée très dangereuse, car en dehors du sexe, l’alcool y est également vendu ». Autre lieu de débauche : Le « kiosque noir ». Cette maison close fait face à Ruxu bu Sew. Ici c’est le domaine d’une autre race de tapineuses. En effet, les travailleuses du sexe y sont constituées uniquement de jeunes femmes communément appelées « driankés ». Elles ne reçoivent pas n’importe quel client. Et, détestent le tabac et l’alcool. Au nombre d’une dizaine, elles sont également en fête. Dansant au son du « ngoyane », cette belle musique du Saloum, elles s’en donnent à cœur joie, en attendant un client. Dès notre arrivée sur les lieux, nous sommes accueillis par une jeune dame d’une beauté rare. à part ses dents, un peu noircies par la nicotine, tout est parfait chez cette belle de nuit. Physiquement s’entend. Le célèbre poème « Femme noire » du défunt poète Léopold Sédar Senghor, pourrait lui être dédié. Cependant, cette beauté cache mal son insolence : « jeune homme que veux tu ? Le sexe ou la suce ? C’est à 3000frs et pas de marchandage », nous lance-t-elle à la figure. « Et les autres elles demandent combien ? », lui demande-t-on. « Nous demandons le même tarif. D’ailleurs, chaque nuit avant de rentrer, nous partageons équitablement ce que nous gagnons, même si je t’encaisse, je le remettrai à notre marraine. Nous sommes solidaires, nous recevons les VIP, mais des enfants ».
L’alcool coule à flot
À Mbacké, ville ou le vénéré guide a vu le jour, l’alcool coule à flot. Malgré les descentes répétées de la police en cette nuit du Magal, les adeptes de Bacchus, ne se découragent pas. Ils se donnent rendez-vous à « Ruxu bu Sew ». D’après certaines informations, c’est le lieu de prédilection des trafiquants de drogue et autres vendeurs de produits prohibés. Au « Téenu Ndiagou » aussi, les débits de boissons alcoolisées foisonnent. Et par mesure de prudence, nous avons évité le lieu car de loin l’on entendait les cris de joie des ivrognes.
Mbacké ne dort pas
En dehors des maisons de passe et des mini bars, les ruelles ne désemplissent pas. Et les gargotières se frottent les mains. Installés aux abords des routes, ces vendeuses se font vite remarquer par leurs tables et leurs bancs installés pour l’occasion. Dans cette ville, loin des interdits, certains « pèlerins » se défoulent sans gêne, loin du rigorisme de Touba. Les lampadaires éclairent comme en plein jour les grandes artères. Par contre, les ruelles restent sombres et le lieu d’un libertinage sans borne. Dans cette ambiance de dévergondage, certains ne se soucient guère des recommandations du Khalif général des Mourides. Pour dire des prescriptions divines !