MAGAL DE DAROU MOUKHTY/ Origines et sens … (Extrait d’un discours de Cheikh Abdou Khoudoss Mbacké)


MAGAL DE DAROU MOUKHTY/ Origines et sens … (Extrait d’un discours de Cheikh Abdou Khoudoss Mbacké)
« Il serait beau et nécessaire que je vous rappelle la quintessence de ce jour. Ce jour-ci, c'est Serigne Modou Awa Balla qui fut son initiateur. Après la disparition du fondateur de cette ville (Darul Muhty), à la veille du premier anniversaire, il m'avait ordonné d'adresser une correspondance à Cheikh Moustapha dans le but de lui demander l'autorisation de l'imiter sur la célébration du Magal de Tamkharit qu'il a initié, commémorant la disparition du Cheikh. Il m'avait prescrit à cette même occasion de lui écrire aussi au sujet de ce Magal. Ce que j'avais exécuté également. Peut-être, il y aura dans ce public certains qui conservent toujours des copies de ses écrits. Ainsi, Serigne Modou nous accorda sa permission. Nous commençâmes alors la célébration au cours du vingt quatrième jour du mois de Sahbaan marquant le jour du rappel à Dieu de Mame Thierno. On l'a longtemps célébré en cette date.
 À l'arrivée de Serigne Fallou au khalifat, nous avions toujours maintenu la même date, mais c'est lui qui l'a reportée pour le fixer en ce jour du 15 Shaban. Serigne Fallou l'a reportée pour une cause bien raisonnable car il avait dit ceci : "Au retour d'exil du Cheikh, arrivé à Saint Louis, il envoya chez Mame Thierno Birahim étant alors à Darou Manane pour l'appeler à Saint-Louis. Le Cheikh n'était pas alors arrivé dans cette zone, il venait juste de rejoindre Saint-Louis. Ce jour de leurs retrouvailles avait coïncidé au 15eme jour de Sahbaan. Donc célébrez ce jour au détriment du premier ». [....].
En ce qui concerne l'acte de Serigne Modou Awa Balla envers Cheikh Moustapha pour l'autorisation du Magal, j'avais même une fois entendu quelqu'un avancer des propos jugeant qu'il n'est pas nécessaire de commémorer un jour de rappel à Dieu d'un homme. Mais j'ai aussitôt su que Cheikh Moustapha s'il n'était pas à la hauteur de sa mission, il ne serait pas l'aîné du Cheikh, ni son premier Khalif. Au-delà de tout, même s'il n'était pas affilié au Cheikh, il détient le savoir nécessaire lui permettant de reposer tous ses actes sur des bases claires. C'est pourquoi nous continuons à vivifier ce jour. Aussi, on a noté que maintenant beaucoup ont commencé à l'imiter partout au-delà même de Serigne Modou Awa Balla.
À cet effet, il y a une assertion du Prophète Muhammad (psl) qui stipule : « Quiconque initie une tradition louable, récoltera sa rétribution et une rétribution pour ceux qui l’y imitent. Il est de même pour quiconque initie aussi une tradition réprouvée, verra sa rétribution et celle découlant de ses imitants ». Cela seul suffit comme raison pour légitimer les actes de Serigne Modou Moustapha et de Serigne Modou Awa Balla qui l'avait imité.
Après tout aussi, le sens de cette rencontre est de célébrer ce jour par la lecture du Coran, la multiplication des prières sur le Prophète (psl) et la préparation de nourriture destinés aux musulmans pour le profit de celui dont on commémore, cela est bien conforme à la tradition prophétique. Car tout rassemblement dont l'objet est de faire du rappel au seigneur ou de la lecture du Coran, c'est bien ça que le Prophète (Psl) appelait « Jardin du Paradis ». Il avait dit: « Si toutefois vous avez l'occasion de vous présenter dans « Les jardins du Paradis » profitez-en. On lui dira oh toi l'envoyé de Dieu c'est quoi les jardins du Paradis ? Ce sont les assemblées où l'on se rappelle du Seigneur dira-t-il".
C'est le coran même qui constitue le premier rappel au Seigneur car il a même ce nom et il y est dit : « C'est Nous qui avons descendu ce rappel et c'est à nous que sa protection revienne ». Avant de dire encore : « Ceci est un rappel pour toi et ta communauté ».
Donc cela seul suffit pour savoir qu'une telle rencontre est sans doute conforme à la tradition prophétique et à la jurisprudence islamique. Une autre chose, œuvrer pour ses parents ou même bien avant cela, prier sur le Prophète n'est rien d'autre que formuler des prières à son endroit. Le Seigneur a dit : « Dieu et ses anges prirent sur l'envoyé. Oh vous qui croyez, effectuez donc des prières sur Lui ». Le terme Paix et Salut sur lui est synonyme de prière quand il ne signifie que : « Que le Seigneur répand sur lui sa paix et sa protection ». En plus, on a vu que quand Oumar Ibn Khatab faisait part au Prophète (Psl) son désir de faire le petit pèlerinage, le Prophète (psl) lui a dit : « Oumar, n'oublie pas de m'associer dans vos prières ». Si c'est le Prophète (Pls) qui sollicite les prières d'autrui et depuis la nuit des temps, on ne cesse de lui consacrer des prières à plus forte raison que quiconque d'autre.
Le Seigneur a révélé dans le coran ce verset: « L'homme n'a que ses œuvres ». D'aucun l'interprète disant qu'il ne sert donc à rien de dédier des prières ou autres bonnes œuvres aux défunts. Cependant, c'est cette assertion prophétique qui clarifie le verset précédent, le Messager d'Allah a dit: « Dès que l'homme meurt, cessent ses œuvres à l'exception de ces trois : L'aumône perpétuelle, la science utile et une bonne postérité qui prie pour lui ». Par exemple l'aumône perpétuelle ça peut être un puits ou forage creusé, une maison construite à la portée des musulmans ou celle dont le fruit du loyer est réservé aux musulmans nécessiteux ou encore un champ dont la récolte est octroyée aux besogneux. Voilà des cas d'exemples d'aumônes perpétuelles, c'est-à dire tout genre de bienfaisance dont l'utilité continue même après la mort du bienfaiteur.
S'agissant de la science utile, on a comme l'exemple des ouvrages écrits, des livres coraniques que l'on a achetés pour les mettre à la disposition de ceux qui les apprennent continuellement, ou encore du savoir dispensé à des générations qui à leur tour feront de même pour d’autres, ainsi de suite. Voilà le second point. Le troisième, il s'agit de laisser une descendance qui formule des prières à son endroit. En résumé, on peut déduire par-là, que les journées de prière que les descendants dédient à leurs défunts, sont bien légitimes en jurisprudence.
C'est tout la quintessence de ce jour.
Il est aussi logique quand des gens viennent pour répondre à votre appel, de leur rappeler le but de leur rencontre. Donc c'est ainsi qu'est né ce jour avec la manière dont j'ai évoqué tantôt ».
Extrait du discours de Cheikh Abdou Khoudoss Mbacké, deuxième Khalif de Mame Thierno Birahim, à l'occasion du Magal de Darou Mouhty Mai 1984.
*Traduction : Cheikh Ahmadou Sour*
Samedi 19 Mars 2022
Dakaractu




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