Lutte contre la désertification / RIPOSTES : Les parties prenantes en conclave pour plus d’efficacité


Le directeur de l'Agence de la reforestation et de la grande muraille verte (Asergmv), Oumar Abdoulaye Ba, a rencontré ce Jeudi 25 Janvier, le comité pilotage du projet de Résilience et de la reforestation intensive pour la sauvegarde des écosystèmes et des territoires au Sénégal (RIPOSTES/ Dooleel Aalam) pour examiner les progrès accomplis et faire des projections pour les prochaines années dudit projet lancé depuis 2022 avec l'appui de la FAO. Cette rencontre a aussi servi de cadre d'échanges pour les différentes parties prenantes d'affiner les approches afin de traduire concrètement la stratégie dégagée pour l'impulsion du développement socio-économique inclusif et équitable à partir des territoires.

Au cours des discussions, le directeur général de l'Asergmv a rapporté qu'en 2 ans de mise en œuvre de ce projet, qui vise à contribuer au renforcement des capacités d'adaptation des communautés face aux changements climatiques et à l'atténuation de leurs effets pour la gestion durable et participative des écosystèmes, des impacts majeurs ont été enregistrés. "Pour la grande muraille verte, il ne s'agit pas que de planter des arbres mais de construire des écosystèmes résilients qui peuvent aujourd'hui contribuer à la résilience alimentaire, donc réduire l'exode rural, réduire l'immigration clandestine, réduire l'insécurité galopante dans cette sous-région et en même temps contribuer à développer notre économie verte", a-t-il expliqué. "Il y a certainement une jeune fille de 13 ans au milieu de la grande muraille verte qui malheureusement, il faut oser le dire, a toutes les possibilités de se marier à l'âge de 14 ans. Avoir son premier bébé à l'âge de 15 ans, son deuxième à l'âge de 16 ans et avant d'avoir 18 ans, elle aura certainement 5 enfants. Porter un enfant dans le dos, être enceinte de six mois allait tirer une corde de 150 mètres pour avoir 2 litres d'eau et retourner en brousse pour aller chercher un fagot de bois pour cuisiner à midi. Si vous changez la vie de ces personnes-là, ne me demandez pas l'impact que vous faites. Donc, non simplement vous impactez le changement climatique,  mais vous impactez le genre parce que vous lui donnez la possibilité de maintenir ses enfants à l'école", a développé Oumar Abdoulaye Ba. Toujours selon lui, « la grande muraille verte c'est aussi impacter le niveau d'éducation de nos enfants et le vécu quotidien de ces gens qui vivent malheureusement au milieu du tracé de la Grande Muraille verte et subissent l'impact du changement climatique. »

Le DG de l’ASERGMV a également profité de ce forum qui a réuni l'ensemble des ministères sectoriels, des représentants de collectivités territoriales, des représentants du Conseil économique, social et environnemental, des représentants de l'Assemblée nationale ainsi que les partenaires pour statuer sur les mécanismes à développer pour ne pas subir de lenteurs d'ici la fin du projet. "Ce qu'on peut dire globalement, c'est que la plupart des retards sont liés aux lenteurs administratives. Donc, il faut développer des mécanismes qui nous permettent d'aller beaucoup plus vite. Le deuxième aspect aussi, c'est la méthodologie qu'on a établie pour la gestion de ce projet. Et pour les autres projets comme le projet d'appui à la grande muraille verte du Canada commence à donner des fruits, c'est des méthodologies d'intelligence collectives qui impliquent tout le monde depuis le début", a-t-il dit, indiquant que tout le monde est impliqué pour apporter sa contribution depuis le début et prendre connaissance du dossier.
Vendredi 26 Janvier 2024
Yaya Cissokho