Luther King : est-il encore permis de rêver? (El Hadji Gorgui Wade Ndoye )


Luther King : est-il encore permis de rêver? (El Hadji Gorgui Wade Ndoye )
«Souvent, les hommes se haïssent les uns les autres parce qu’ils ont peur les uns des autres; ils ont peur parce qu’ils ne se connaissent pas; ils ne se connaissent pas parce qu’ils ne peuvent pas communiquer; ils ne peuvent pas communiquer parce qu’ils sont séparés.» (L. King, 1958). Retenons, ici, deux aspects de la personnalité. L’homme d’Église engagé pour changer la dure situation des Noirs en Amérique et le combattant au message universel pour la paix et contre la pauvreté dans le monde.

Le mouvement Black Lives Matter est là pour attirer notre attention!

C’est dans un climat de haine, de séparation, de domination de l’homme noir par son frère blanc que naît et grandit Martin Luther King, qui sera assassiné par un Blanc le 4 avril 1968. Il n’avait que 39 ans! Le Noir, à l’époque, parce qu’il était Noir, était jeté hors de restaurants, expulsé même d’églises et jeté en prison sans procès, s’il n’était pas assassiné. «Le fait est qu’il est Noir.

La noirceur doit être punie. La noirceur est le crime des crimes…» écrira William Du Bois, premier Noir à obtenir le doctorat de Harvard et un des leaders de l’Association nationale pour l’avancement des gens de couleur (NAACP). Luther King engage le combat contre la ségrégation par la sensibilisation et le dialogue. «Le pasteur Martin Luther King puisait dans sa foi et dans sa spiritualité la source de son engagement», analyse le Genevois Maurice Gardiol. «Dans sa compréhension du message évangélique, il percevait un appel à la liberté et à la dignité de tous les êtres humains quelles que soient leurs origines et leurs convictions…». Du combat de King et de tous ses frères et sœurs noirs ainsi que des Blancs qui le soutenaient naissent le Civil Rights Act de 1964 et le Voting Rights Act de 1965. La Cour suprême des États-Unis avait déjà déclaré la ségrégation dans les bus anticonstitutionnelle.

Luther King devient le plus jeune lauréat du Prix Nobel de la paix, en 1964, pour sa lutte non violente contre la ségrégation raciale et pour la paix. Le pasteur s’est mobilisé contre la guerre au Vietnam et contre l’impérialisme. À l’image de Marcus Garvey et de Du Bois, qui ont inspiré Léopold Senghor et Aimé Césaire, qui ont, eux, fondé le mouvement de la négritude pour la défense et l’illustration des valeurs nègres et l’indépendance des colonies. Contre la guerre au Vietnam et la pauvreté, il assènera: «Une vraie révolution des valeurs regarderait bientôt d’une manière honteuse les contrastes frappants entre la pauvreté et la richesse.

Avec une indignation justifiée, elle regarderait au-delà des mers et verrait les capitalistes individualistes de l’Ouest investissant d’énormes sommes d’argent en Asie, en Afrique et en Amérique du Sud, juste pour faire des profits et sans aucune préoccupation pour les améliorations sociales dans ces pays, elle dirait: «Ce n’est pas juste.» Cinquante ans après Luther King, l’Amérique, qui a donné au monde Barack Hussein Obama, n’est pas totalement guérie de ses blessures. Le mouvement Black Lives Matter (Les vies des Noirs comptent) est là pour attirer notre attention! Après le mémorable «I have a dream», est-il encore possible d’avoir un rêve? 

El Hadji Gorgui Wade Ndoye 
Mercredi 4 Avril 2018
Dakaractu




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