Loi plastique- Abdou Karim Sall, MEDD : « Au cas où ces plastiques entrent frauduleusement dans le pays, les services de contrôle habilités… »

Dans un entretien avec « Sud Quotidien », le ministre de l’environnement Abdou Karim Sall est revenu sur les dérogations apportées dans l’application de la loi sur le plastique entrée en vigueur depuis ce 20 Avril.


Pour le ministre, ces facilités ont été accordées à cause de la pandémie du Covid-19 et prévient que nulle « autorisation d’importation de sachets plastiques ne sera délivrée.  « Ce dont je suis sûr, c’est qu’aucune autorisation d’importation de sachets plastiques ne sera délivrée par le ministère de l’Environnement et du Développement durable. Au cas où ces plastiques entrent frauduleusement dans le pays, les services de contrôle habilités procéderont à leur saisie, conformément à la loi, et infligeront aux contrevenants les sanctions prévues », a-t-il dit.
Revenant sur les dérogations apportées, le MEDD de rappeler que  la production et la commercialisation des sachets d’eau est une activité qui emploie des franges importantes de la population, même si elles occasionnent des dommages écologiques énormes. « Même les acteurs du secteur le reconnaissent. Mais, les changements souhaités ne se produisent pas du jour au lendemain. C’est pourquoi, après concertation, il a été décidé de différer la mesure d’interdiction sur la production de l’eau en sachet. L’objectif est surtout d’éviter la fermeture brutale des unités de production d’eau en sachet et l’arrêt de la filière dans ce contexte de morosité économique et sociale », a encore indiqué le ministre. 
Quid des autres dispositions ? Elles vont s’appliquer effectivement a-t-il dit dans l’entretien. « Ce différé devrait permettre de travailler avec tous les acteurs concernés pour accompagner la reconversion vers des modes de production et de consommation plus durables dans le secteur de la production et de la vente de l’eau. D’ailleurs, les services compétents ont commencé la mise en œuvre des plans d’action pour éradiquer les produits plastiques ciblés ».
Pour les matériaux de substitution aux sachets plastiques, le ministre de faire savoir qu’il existe des sacs en papier et en tissu en grande quantité. « Des industriels nous ont approché pour nous présenter leurs produits et exprimer leur volonté d’approvisionner le marché sénégalais. Il faut reconnaître que la disponibilité de ces produits alternatifs sur le marché dépendra de la demande. J’en veux pour exemple, les masques pour lutter contre le Covid-19. D’un produit importé, nous sommes passés, aujourd’hui, à un produit en grande partie fabriqué ici au Sénégal par nos artisans et nos industriels. Pour les gobelets en papier et à usage multiple, ils existent déjà en quantité sur le marché. Et, avec l’entrée en vigueur de la loi, ces produits seront davantage commercialisés »  a-t-il dit. Il a cependant prévenu qu’il existait une désinformation entretenue par ceux qui disent que les sachets en papier pourrait éradiquer la forêt ou créer une insuffisance alimentaire.
« La production de sachets en papier n’est pas synonyme de déforestation. Il faut éviter de tomber dans l’amalgame. Le plus important, pour nous, est que le papier provienne de forêts bien aménagées et exploitées de façon rationnelle et durable. Le choix du sachet en papier réside dans le fait qu’en fin de vie, ce produit ne pollue pas, contrairement aux sachets en plastique qui peuvent rester des centaines d’années sans se dégrader. Pour le problème de l’insuffisance alimentaire liée à la production de sachets à partir de l’amidon, il faut souligner que nous sommes à l’étape expérimentale dans certains pays. L’avenir nous en dira plus », a-t-il conclu...
 
Dimanche 26 Avril 2020
Dakar actu



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