À Dakar, le secteur maritime franchit un cap décisif avec le lancement du Comité national de médiation maritime, une initiative portée par la Communauté des Acteurs Portuaires du Sénégal en collaboration étroite avec le Tribunal de Commerce de Dakar. Derrière cette nouvelle structure, la multiplication des litiges fragilise la fluidité des opérations portuaires et freine la compétitivité du Port autonome de Dakar. Pour Baba Tall, président de la communauté portuaire, ces tensions récurrentes nuisent directement à l’économie : « le bateau gagne de l’argent en navigation, pas à quai », rappelle t-il, soulignant l’urgence d’un mécanisme rapide et efficace de règlement des différends.
Pensé comme un outil d’arbitrage et de dialogue, ce comité ambitionne de traiter en amont plus de 90 % des contentieux du secteur, avant toute saisine judiciaire. Une approche qui repose sur l’expertise de médiateurs issus du sérail, anciens directeurs de port, douaniers, logisticiens ou assureurs, capables de comprendre les réalités techniques du terrain. L’objectif est de réduire les blocages, raccourcir les délais et préserver les relations d’affaires dans un environnement où chaque heure d’immobilisation peut coûter cher. Pour les acteurs portuaires, il s’agit aussi d’un levier stratégique pour renforcer l’attractivité des ports sénégalais dans un contexte de concurrence régionale accrue.
Du côté du tribunal, l’initiative est saluée comme une réponse pragmatique à l’engorgement des rôles et à la complexité croissante des dossiers maritimes. La présidente du tribunal, Aïssatou Diémé, insiste sur l’importance de privilégier la médiation : « devant le juge, il y a toujours un gagnant et un perdant ». En confiant aux professionnels du secteur la gestion initiale de leurs différends, la justice espère non seulement gagner en efficacité, mais aussi encourager des solutions équilibrées et durables.