Licenciements massifs dans le public et le parapublic,salaires impayés : le député Mbaye Dione interpelle le ministre Mamadou Lamine Dianté sur plus de 30 000 emplois perdus

Le député Mbaye Dione a adressé, ce 10 août 2026, une série de questions écrites au ministre de la Fonction publique, du Travail et de la Réforme du service public, Mamadou Lamine Dianté. Au cœur de son interpellation : les licenciements intervenus dans plusieurs structures publiques et parapubliques, la réintégration des travailleurs concernés, les salaires impayés, les indemnisations ainsi que les conséquences sociales de ces ruptures de contrats. Une liste annexée au document fait état d’un total de 30 633 emplois perdus dans une trentaine de structures.


La question des licenciements dans les structures publiques et parapubliques s’invite à l’Assemblée nationale. Dans une correspondance datée du 10 août 2026, le député Mbaye Dione interpelle directement le ministre de la Fonction publique, du Travail et de la Réforme du service public, Mamadou Lamine Dianté, sur ce qu’il présente comme des « licenciements massifs » intervenus dans plusieurs organismes sous le régime actuel.
 
Dans son document, le parlementaire cite notamment le Fonds d’entretien routier autonome (FERA), la Caisse des dépôts et consignations (CDC), l’Agence sénégalaise de promotion des exportations (ASEPEX), Dakar Dem Dikk (DDD), le Grand Théâtre, le Port autonome de Dakar, la LONASE, le FONGIP ou encore d’autres structures publiques et parapubliques.
 
Selon le député, ces licenciements, qu’il qualifie ou rapporte comme étant perçus comme « abusifs », auraient provoqué d’importantes conséquences sociales. Il évoque notamment la création du Rassemblement des travailleurs du Sénégal (RTS) ainsi qu’une mobilisation du Front syndical. Mbaye Dione soutient également que certains travailleurs ayant engagé des procédures judiciaires contre leurs anciens employeurs auraient obtenu gain de cause, tout en rencontrant encore des difficultés pour être réintégrés ou percevoir les dommages et intérêts qui leur seraient dus.
 
L’élément le plus marquant du document se trouve dans la liste annexée à la question écrite. Celle-ci recense 30 633 emplois perdus dans les différentes structures mentionnées. Le FERA concentre à lui seul le chiffre le plus important, avec 26 000 emplois indiqués comme perdus dans le tableau. Derrière viennent la Couverture maladie universelle (CMU), avec 1 300, le Port autonome de Dakar avec 800, l’Université Amadou Mahtar Mbow de Thiès avec 600, l’AIBD avec 514 et l’Université du Sine Saloum avec 328.
 
La liste mentionne également 176 emplois perdus au Grand Domaine du Sénégal, 161 à SAF Industries, 135 à la LONASE, 132 à La Poste, 93 à la Direction de l’Emploi, 85 à la SAPCO, 80 au ministère des Transports, 35 au PROMISE, ainsi que 28 à Dakar Dem Dikk et 28 à la Caisse des dépôts et consignations. D’autres structures apparaissent avec des effectifs moins importants, notamment le Grand Théâtre, le FONGIP, le Commissariat à la sécurité alimentaire, la Présidence, l’AGETIP, les CICES ou encore l’ASEPEX. Ces chiffres sont ceux figurant dans l’annexe transmise avec la question parlementaire.
 
Face à cette situation, Mbaye Dione demande d’abord au ministère quelles « mesures concrètes et immédiates » sont envisagées pour permettre la réintégration de tous les travailleurs qui auraient été injustement licenciés. Le député souhaite que cette éventuelle procédure soit conduite en coordination avec les représentants syndicaux concernés.
 
Le parlementaire réclame ensuite des précisions sur les salaires restés impayés. Il demande au ministre de communiquer à l’Assemblée nationale le nombre exact de travailleurs concernés, le montant global des arriérés et surtout de présenter un calendrier « précis et contraignant » permettant leur règlement intégral.
 
Le troisième volet de son interpellation concerne l’indemnisation des travailleurs. Mbaye Dione souhaite savoir quelles dispositions ont été prises pour permettre à chaque personne licenciée de percevoir, sans délai, non seulement les indemnités légales de licenciement, mais également, lorsque cela est justifié, des dommages et intérêts destinés à réparer les préjudices moral et matériel subis.
 
Enfin, le député place le débat sur le terrain social. Évoquant le désarroi des travailleurs et de leurs familles, il demande si le ministère envisage des mesures d’urgence telles que la mise en place d’une cellule de soutien psychosocial, des programmes de reconversion professionnelle ou encore des mécanismes d’aide à la création d’entreprise.
 
À travers cette série de questions, Mbaye Dione réclame donc au Gouvernement une clarification globale sur l’ampleur des licenciements, le sort des travailleurs concernés et les solutions envisagées. Le dossier devrait désormais se déplacer sur le terrain de la réponse gouvernementale, le député ayant expressément demandé au ministre Mamadou Lamine Dianté de fournir des réponses précises sur les quatre principaux points soulevés.




Lundi 10 Aout 2026
Dakaractu