Liberté de la presse au Sénégal : « Des poursuites persistantes malgré des avancées législatives », alerte Amnesty International


La section sénégalaise du rapport annuel 2025/2026 d’Amnesty International a dressé un bilan contrasté de la situation des droits humains. Si des progrès institutionnels notables ont été enregistrés, l’adoption d’une loi sur l’accès à l’information, la création d’un Office national de lutte contre la corruption ou encore obligation de déclaration de patrimoine pour les ministres, la liberté d’expression et la sécurité des journalistes demeurent fragilisées, tandis que d’autres droits fondamentaux restent à la traîne.

 

Sur le front de la liberté de la presse, l’organisation documente plusieurs cas de poursuites judiciaires qui illustrent une tendance préoccupante. Le rapport rapporte le cas du chroniqueur télévisé Abdou Nguer qui a été arrêté en avril 2025 puis condamné en novembre à six mois d’emprisonnement, dont trois ferme, assortis de 200 000 francs CFA d’amende, pour « offense au chef de l’État » après la publication d’une vidéo sur TikTok. De même, le cas de Moustapha Diakhaté qui a écopé de deux mois de prison pour le même motif, tandis que le chroniqueur Badara Gadiaga a été interpellé en juillet pour des propos tenus lors d’un débat sur la Tfm. Face à ces condamnations, Amnesty International exhorte le Sénégal à supprimer les peines privatives de liberté pour les délits de presse, conformément à la jurisprudence de la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples.

Mercredi 22 Avril 2026
Dakaractu