Les misères du transport urbain à Dakar : " Dans l'espace UEMOA, le Sénégal est le pays où le carburant coûte le plus cher! " ( N'diogou Malick Dieng de l'AFTU )


DAKARACTU.COM - Chaque jour que Dieu fait, plus de 25.000 personnes sont transportées d'un point à un autre de Dakar par les véhicules de transport en commun que sont les bus TATA, propriété de l'Association de Financement des Transports Urbains. Le consortium a mis en service, à ce jour, 993 véhicules et utilise plus de 5000 travailleurs comprenant des chauffeurs, receveurs, contrôleurs, mécaniciens, administratifs, etc. L'entreprise qui tourne à plein régime, participe ainsi à l'essor socio- économique du pays. Mais la machine est actuellement grippée, raison pour laquelle le porte- parole de l'AFTU, N'diogou Malick Dieng, tire la sonnette d'alarme et interpelle les autorités compétentes sur les nécessaires mesures de redressement à entreprendre.
Sur l'échiquier du transport public urbain à Dakar, se meuvent d'autres entités comme Dakar Dem Dikk, les cars rapides et "Ndiaga Ndiaye". Mais les véhicules Tata et King long de AFTU y occupent aujourd'hui, une place prépondérante. Autrement dit, ces derniers représentent un échantillon assez révélateur du secteur, et constituent à ce titre, un condensé des problèmes que rencontre toute la corporation.
Dès lors, et au nom du secteur tout entier, mais plus particulièrement au nom de AFTU, le porte- parole N'diogou Malick Dieng s'est prononcé en ces termes : " Nous souffrons aujourd'hui du prix élevé du carburant. Dans l'espace UEMOA, le Sénégal est le pays où le prix du carburant est le plus cher. Il y a un pays de la sous- région où le litre de gas- oil est vendu à 500 francs, au Mali il est de 580 francs, alors que leur carburant transite par Dakar. Au Sénégal il est à un peu moins de 800 francs. Le paradoxe est que sous le régime libéral il était à un moment donné à 580 francs et le baril de pétrole à 808 dollars, alors que le baril aujourd'hui est à 508 dollars. Où sont passées les promesses électoralistes pour vendre le carburant moins cher qu'au Mali? Cette situation que nous endurons fait que les TATA tournent en rond sans faire de réels bénéfices. Si la recette journalière est de 100.000 francs, la part allouée au carburant est de 60.000 francs et le reste est loin de satisfaire la gestion rationnelle pour l'entretien, le dépannage des véhicules et la prise en charge du personnel. L'autre difficulté majeure que nous rencontrons est liée à la tarification élevée de la vignette et des patentes, qui greve nos budgets. Toutes les récurrentes hausses de nos charges sont absorbées par les transporteurs eux-mêmes, qui ne peuvent pas les répercuter sur le prix du transport payé par les usagers. Par ailleurs, nous devons à la vérité de dire qu'il y a eu des avancées significatives de notre secteur, sous le régime libéral du président Abdoulaye Wade. Il faudrait aujourd'hui que les nouvelles autorités impulsées par le président Macky Sall poursuivent sur la même lancée, et procèdent à des concertations régulières en vue de satisfaire les préoccupations des acteurs du secteur, mais surtout trouvent les solutions hardies et idoines pour encore faire avancer les choses..."
Mardi 7 Mai 2013