Ce scrutin, qui se tiendra en novembre et auquel participent tous les électeurs américains, doit élire les 435 membres de la Chambre des représentants, un tiers des 100 sénateurs, deux tiers des gouverneurs, et des élus locaux. C’est toujours une épreuve redoutable pour le président en place, qui peut se retrouver aisément paralysé, durant la seconde moitié de son mandat, par des assemblées largement défavorables, d’autant que les Américains jugent généralement sévèrement le résident de la Maison-Blanche.
Des Midterms redoutées
C’est d’autant plus vrai pour Trump, qui atteint des sommets d’impopularité. Les derniers sondages ne lui accordent que 32 à 38 % d’opinions favorables, selon les instituts, souligne le New York Times. Une dégringolade ininterrompue depuis son retour à la Maison-Blanche.
Dans ce contexte, le président fait feu de tout bois: il occupe constamment l’espace médiatique avec ses petites vidéos créées par IA et ses déclarations tonitruantes sur Truth Social. Il alterne entre menaces et déclarations conciliantes à l’égard de l’Iran, dans une guerre dont il ne semble pas savoir comment se dépêtrer. Mais de manière plus insidieuse, il tente de restreindre le vote par correspondance. Il puise aussi dans ses fonds de campagne pour soutenir les candidats républicains dans les États qui pourraient basculer en novembre, comme Ken Paxton, donné au coude à coude face au démocrate James Talarico au Texas. Car même le “Lone Star State” n’est plus forcément un terrain acquis au Parti républicain.
Un atout dans la main du président reste l’argent, celui des fonds de campagne comme celui des milliardaires qui sont peu ou prou dans le même camp que lui. C’est le cas d’Elon Musk, malgré la relative brouille qu’ils semblent avoir traversée. Le magnat de Tesla, SpaceX et X, le réseau qu’il a transformé en porte-voix de l’extrême droite, sait que Trump reste une aubaine tant pour ses idées xénophobes que pour ses entreprises, qui bénéficient de subsides publics.
Il va donc, selon une enquête d’Axios, réactiver America PAC, le comité d’action politique qu’il avait mis sur pied pour favoriser Trump en 2024. Un PAC est un groupe d’intérêts convergents visant à coordonner et financer des opérations de démarchage électoral. Un système courant aux États-Unis, dans lequel les républicains excellent pour rassembler sous la même bannière conservatrice des intérêts parfois assez divergents. America PAC avait dépensé plus de 260 millions de dollars en 2024 pour bétonner la campagne du républicain. Avec le succès que l’on connaît.
America PAC concentrera ses efforts sur le porte-à-porte, la publicité numérique et le publipostage afin de mobiliser la base conservatrice, y compris les électeurs généralement moins enclins à voter les années sans élection présidentielle, ont indiqué à Axios des sources au fait de ces projets. Le montant qui pourrait y être consacré n’a pas été précisé, mais les comités républicains bénéficient d’une avance de plus de 300 millions de dollars sur leurs homologues démocrates, détaille Axios. Et ce, sans compter les 400 millions détenus par MAGA Inc., le "super PAC" monté directement par Donald Trump.
L’argent est un atout majeur pour les républicains et, en novembre, il pourrait contrebalancer leurs propres divisions et l’impopularité du président. “America PAC a été un partenaire essentiel de notre opération historique de mobilisation des électeurs en 2024, et son retour pour 2026 constitue un atout majeur pour les républicains à travers le pays”, a déclaré à Axios James Blair, conseiller politique principal du président Trump. “Nous surpasserons à nouveau nos adversaires et mènerons notre mission pour le Parti républicain avec une détermination sans faille d’ici le jour du scrutin.”
Concrètement, ces centaines de millions de dollars serviront à peser sur la mobilisation des électeurs, tandis que Musk laisse le secteur des campagnes télévisées à d’autres PAC. Une coordination qui pourrait peser très lourd.